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    David Moncoutié : «Le vélo n’est qu’une partie de ma vie»

    Posté le Samedi 26 février 2005 @ 20:00:41

    David Moncoutié est le parrain de Cyclismag tout au long de la saison. L'un des meilleurs coureurs français, le Lotois l’est presque à l’insu de son plein gré. Mais comment avance-t-on à contre-courant dans le peloton ?





    Propos recueillis par Sébastien Bosvieux

    Le stress, il ne sait pas ce que cela signifie. Rencontré à l’occasion du Tour Méditerranéen, la veille de l’étape clé, celle qui arrive au sommet du Mont Faron, David Moncoutié avoue ne pas ressentir la moindre appréhension : « peut-être juste avant d’attaquer le Faron, mais sûrement pas la veille ou le matin au départ ». Sur le Tour de France même chose, pas de peur particulière malgré une certaine pression, celle de leader de l’équipe Cofidis. Treizième et meilleur français en 2002, les espoirs français reposaient deposaient en effet en partie sur ses épaules. Du coups, en 2004, il enlève l’étape qu’il porte dans son cœur, celle qui arrive chez lui dans le Lot, et délaisse le général.

    Plus prudent que peureux

    Ce rôle de leader, il a du mal à l’assumer et préfère partager cette tâche « mais il y a Sylvain Chavanel et Stuart O’Grady qui sont aussi leader » s’empresse t’il de répliquer quand on lui fait porter cette responsabilité. Pourtant avec l’arrivée du Pro Tour, ce statut va prendre ses lettres de noblesse, plus question de placer un gars pour la 25ème place. « Peu de coureurs marqueront des points et en dehors du Pro Tour seule la victoire comptera, le rôle de leader et d’équipier sera plus marqué » explique t’il. D’ailleurs chez Cofidis, le système de rémunération en partie lié aux points UCI a été abandonné. Malgré ça, David continuera de courir en queue de peloton, « pourquoi batailler toute la journée en tête de peloton ?» justifie-t’il. Il préfère qualifier cette manière de courir de prudence plutôt que de peur.

    « je n’imaginais jamais faire de tels résultats avant de passer pro »

    Cette approche presque épicurienne du cyclisme se retrouve bien évidemment à l’entraînement. Ceux-ci n’ont jamais lieu les jours de pluie ou de fort vent d’Autan (vent dominant dans la région toulousaine). Tout se fait à la « sensation » pas de calculs scientifiques ; il s’entraîne comme il le sent : « Cofidis ne me dit rien, tant que ça marche… ». Avec 10 victoires chez les pros, il n’y a en effet pas grand chose à redire « je n’imaginais jamais faire de tels résultats avant de passer pro » s’amuse t’il !
    On aurait d’ailleurs pu imaginer que son déménagement soit l’occasion de s’installer dans un lieu plus tranquille, à l’écart de la circulation. Mais non c’est l’inverse, il va chercher le centre ville de Toulouse. On se souvient qu’il habita un temps à Paris intra-muros ! Habiter en plein cœur de la ville lui permet d’aller se promener au cœur de la ville rose, rencontrer ses amis, aller au cinéma…

    Le professionnalisme, une de ses premières expériences internationales

    Il ira d’ailleurs peut-être voir le dernier Guédiguian « Le promeneur du Champs de Mars » sur Mitterrand. En effet la « force tranquille » c’est aussi lui quand il s’agit de cyclisme.
    Déjà chez les amateurs, il se souvient être facile dans les bosses. Après avait tâté le ballon rond il découvre qu’il avait « des facilités en vélo, surtout dans les côtes ». Cette aptitude lui donnera des ailes au sein de Midi-Pyrénées, sa région qu’il ne quitta pas (EC Bretenoux Biars, Cahors VS, GSC Blagnac). Avant de passer pro, il n’avait que très peu d’expérience au niveau international et même national. « Je n’ai jamais été en équipe de France chez les juniors et c’est au Bataillon de Joinville que j’ai été repéré, il n’y avait pas beaucoup de très bons coureurs dans le comité, je n’avais jamais vraiment couru au niveau national ».

    « le vélo n’est qu’une partie de ma vie »

    Sa première équipe professionnelle, Cofidis, est toujours la sienne depuis maintenant 8 ans et ce n’est pas « l’affaire » qui le fera partir. Il se sent en effet tout à fait étranger à cette histoire « seuls quelques coureurs sont impliqués, pas tous. Pour moi chez Cofidis ça va pour le mieux ».

    Le professionnalisme n’est finalement qu’une aventure pour Moncoutié qui, à l’origine, se destinait au métier de facteur. « le vélo n’est qu’une partie de ma vie, ma carrière terminée je veux faire autre chose mais je ne souhaite tout de même pas être facteur ! ». Il aurait mieux fallu que vélo rime avec plaisir plutôt qu’avec boulot car sa conception de la petite reine lui fait dire « je fais du vélo loisir, évidemment je suis bien conscient que je suis professionnel et que j’ai quelques fois la pression mais je n’ai pas l’impression que c’est un métier ».

    S’il traîne en fin de peloton finalement c’est bien peut-être qu’il le remonte à contre-courant !

    Crédit : Sébastien Bosvieux


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