
Amaël Moinard a remporté la dernière étape de Paris-Nice vêtu du maillot à pois de meilleur grimpeur. Cette victoire concrétise sa forme actuelle et apporte des points dans la besace de Cofidis qui vise une bonne place au classement mondial. Entretien.
Propos recueillis par Dominique Turgis
Cyclismag : Dans quelle condition as-tu abordé Paris-Nice ?
Amaël Moinard : Je ne me suis jamais senti aussi bien sur le vélo mais je n'avais pas de réussite depuis le début de saison. Au Tour Med', je crève à 20 km de l'arrivée quand ça bordurait, au Tour du Haut-Var je perce encore à 20 km de l'arrivée de la première étape. Ensuite, j'ai mal à l'estomac sur Paris-Nice.
Qu'est-ce que tu as eu en début de Paris-Nice ?
Je ne sais pas exactement. J'avais des spasmes à l'estomac. Le docteur de l'équipe pense à une gastrite à cause d'un aliment. Déjà avant Paris-Nice, je n'étais pas bien, j'avais mangé quelque chose de pas bon.
J'avais mal quand j'étais à l'effort et que je gonflais le ventre. A cause de la douleur je n'étais plus trop lucide et je devais rester trois mètres derrière les roues.
UNE NOUVELLE FAÇON DE COURIR
Est-ce que le temps perdu à cause de cela t'a aidé à aller chercher ton maillot à pois et ton étape ?
Complètement ! Déjà l'an passé Bingen Fernandez me disait de perdre du temps pour pouvoir m'échapper plus librement. Soit on est capable d'être dans les dix premiers de Paris-Nice et on joue le général, soit on vise les étapes. Je me suis dit qu'une victoire d'étape avait plus de retombées qu'une quinzième place au général, même si c'est déjà une belle performance.
Désormais, je sais que je dois courir comme cela. Sur le Tour 2008, j'avais commencé par perdre du temps puis je m'étais replacé grâce à une échappée.
Tu as remporté ta première victoire chez les pros à la Route du Sud en passant « sous le bras » de Massimo Giunti. Tu aimes les sprints en petit comité ?
Dans un petit groupe, je suis assez rapide. J'ai débuté sur la piste et, même si je n'y étais pas bon, j'ai appris où lancer un sprint. Sur l'arrivée de l'étape de Nice, Thomas Voeckler a paniqué. Il me disait « ça rentre derrière ». J'ai tourné la tête à droite et il est passé à gauche, il m'a surpris.
« JE ME CONNAIS PARFAITEMENT »
Si tu ne connaissais pas le col d'Èze, aurais-tu paniqué quand Thomas Voeckler t'a attaqué au pied du col ?
Non. Je cours avec un SRM et je me connais parfaitement. Je sais que si je démarre trop fort, la moyenne sur l'ensemble du col serait moins bonne. Je savais aussi que nous allions reprendre vent de dos assez rapidement.
Dans la dernière descente, ton équipier Rein Taaramäe a tenté une contre-attaque. Avais-tu la consigne de l'attendre ?
Il a oublié que j'étais devant. Il n'est pas le seul. Nicolas Roche m'a dit ce mardi qu'il n'a vu qu'à la Flamme rouge qu'il y avait encore deux coureurs devant.
Où vas-tu exploiter ta forme actuelle ?
J'espère aller au Tour de Catalogne. C'est une course importante qui offre des points pour le classement mondial qui est important pour Cofidis. Je peux tenir ma forme pendant trois quatre semaines.
COFIDIS AU TOUR DE TURQUIE
Avec l'équipe Cofidis reléguée en Continental Pro, as-tu peur que le fossé se creuse entre vous et les grosses équipes ?
Non, avec Paris-Nice, la Catalogne, le Tour de Turquie, nous avons de belles épreuves à notre programme. Avec les courses hors-catégorie, il y a de quoi faire. Nous n'irons pas au Tour du Pays basque mais c'était une course qui m'usait et, donc, me desservait. Sur une course ProTour, on va très loin dans l'effort, ça fatigue à la fin.
Objectivement, comment juges-tu le comportement de ton équipe par rapport aux ProTour sur ce Paris-Nice ?
L'équipe était assez forte. Nous terminons deuxième par équipes. Cofidis et Bouygues n'avaient rien à envier aux autres. Nous étions loin d'être à la rue. Cofidis comme Bouygues ne faisaient pas Tirreno. Cela nous a permis de concentrer les éléments sur une seule course. L'homogénéité fut très bonne chez nous.
Photo : Amaël Moinard veut profiter de sa forme actuelle.
Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com