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Romain Sicard découvre avec Paris-Nice, le niveau et le fonctionnement des équipes ProTour. Le coureur qui a la volonté d’apprendre sait qu’il retirera de nombreux enseignements de cette expérience pour la suite.
Propos recueillis par Carine Cambou
« Jeudi, il y avait une échappée devant et je savais qu’il fallait garder des forces pour la montée finale. J’ai eu du mal sur la fin car je n’étais pas bien placé avant la dernière difficulté. La route était large mais c’était très nerveux, tout le monde voulait être devant. J’ai fait l’erreur de prendre un rond point par la droite et je me suis retrouvé derrière [il termine 24e de l’étape et prend la 24e place du général].
« LE MÊME RAPPORT AVEC TOUT LE MONDE DANS L’ÉQUIPE »
Dans l’équipe nous avons un leader, Samuel Sanchez, qui est quelqu’un qui a beaucoup d’expérience. C’est très intéressant pour moi de le côtoyer. J’ai les mêmes rapports avec tout le monde dans l’équipe. Je fais partie d’une équipe avec des personnes très expérimentées et je suis avant tout là pour apprendre. Eux, jouent bien leur rôle vis-à-vis de moi. Mon intégration se passe bien, tout le monde fait des efforts pour communiquer. Je ne me fais pas particulièrement chambrer parce que je suis Français, si ce n’est pour mon accent !
ROMAIN SICARD ÉTAIT PRÉVENU
Sur Paris-Nice, j’ai l’impression de découvrir un autre monde. Je ressens vraiment la différence par rapport aux autres courses, le niveau est plus élevé, le rythme aussi, je découvre le ProTour. Les deux premiers jours ont été assez difficiles. Surtout le premier qui fut très nerveux. J’appréhendais un peu à cause de mes soucis de la semaine passée (Voir ici). J’ai un peu souffert sur les bordures mais j’ai réussi à ne pas trop mal me placer et donc pas me faire piéger. J’ai pu aussi éviter les chutes, ce qui est une bonne chose. On m’avait pas mal prévenu sur la difficulté de l’épreuve, on m’avait dit que Paris-Nice c’était comparable au Tour de France sur une semaine donc je savais que quelque chose d’important m’attendait. J’ai la chance d’être avec des gens qui savent aborder la course. Ça m’aide à être dans de bonnes conditions et à mieux maitriser l’épreuve.
DES ENSEIGNEMENTS À TIRER DE PARIS-NICE
Quoi qu’il arrive d’ici la fin, je sais que j’aurai pas mal d’enseignements à en tirer et j’en tire déjà certains. Pour l’instant j’ai découvert le fonctionnement d’une équipe ProTour. Il faut penser à mesurer ses efforts pour garder des forces sur une épreuve à étapes comme celle là. J’affectionne les épreuves par étapes (il gagne le Tour de l’Avenir en septembre dernier) mais là on est dans une toute autre dimension. La vitesse est plus élevée, les conditions climatiques ne sont pas au top. Il fait très froid et c’est compliqué à gérer. On ne peut pas trop sortir des bus avant le départ, on reste au chaud et on essaye de se couvrir au mieux mais pas trop sinon on n’est pas bien sur le vélo. Il faut aussi gérer la descente aux voitures, pour poser les vêtements… tout est vraiment différent. Jeudi au niveau logistique c’était assez compliqué car nous avions 200 km de transfert et les routes étaient sinueuses mais ca n’a pas eu de grande influence sur la récupération. J’ai malgré tout pu me faire masser, nous nous sommes couchés plus tard mais le départ était lui aussi programmé plus tardivement et l’étape était plus courte. La seule petite gène était le voyage en lui-même.
DE LA 24e A LA 90e PLACE
Aujourd’hui [Vendredi, NDLR] j’ai chuté dans le premier col. J’ai du changer de vélo car j’avais un problème au niveau de la selle. Quand j’ai réintégré le peloton, il s’était déjà couper en deux. Je suis resté dedans pour passer le col et au final, on est jamais rentré. Et ça fait 17’ à l’arrivée ! Bien sûr qu’on préfèrerait rester 24e qu’au delà de la 90e place mais l’intérêt pour l’équipe c’est de conserver voire d’améliorer la place de Sanchez. J’étais 24e hier mais je ne sais pas où j’aurai terminé pour autant. Je suis sur que je ne serai pas rentrer dans les tout premiers de toutes façons mais c’est toujours une déception. Même si 24e est une place anecdotique, c’est toujours mieux que 90e !
DANS LA MÊME GALÈRE AVEC GENIEZ
Depuis Paris Nice, je suis complètement coupé du monde. Je n’ai pas internet et je ne lis pas la presse. Je sais qu’il y a eu des articles sur moi, mais je ne m’y suis pas intéressé. Pour l’instant, je préfère me concentrer sur la course et sur les objectifs de l’équipe. En revanche, quand je croise quelqu’un que je connais sur la course, je discute avec lui, comme Alexandre [Geniez, ancien coéquipier au GSC Blagnac et aujourd'hui chez Skil Shimano]. Si ça ne roule pas trop vite parce que ce n’est pas toujours évident ! J’ai pu parler deux ou trois fois avec lui. On est dans la même situation donc c’est toujours intéressant de partager ça. On est un peu dans la même « galère » dans le sens où on découvre mais c’est un plaisir de pouvoir être sur cette course.
« 10 JOURS POUR RÉCUPÉRER »
En cette fin d’épreuve, la fatigue commence à s’accentuer mais je ne peux pas dire qu’il me tarde que ça soit fini. Malgré la déception d’aujourd’hui, il reste deux très belles étapes auxquelles j’ai envie de participer. Ensuite, je reprendrai fin mars, sur les classiques pavées de Belgique. Je vais avoir 10 jours pour bien récupérer et surtout, continuer à travailler. »
Crédit photo : Régis Garnier – www.velofotopro.com