
En cinq jours, Pascal Jeuland a couru sur deux continents, sous le soleil et sous les projecteurs, dehors et dedans, au bord du sable et sur du parquet. Après un vol de nuit entre le Tour du Qatar et le vélodrome de Bordeaux, elle a remporté une course scratch. Entretien.
Propos recueillis par Dominique Turgis
Vendredi vers 15 h, Pascale Jeuland (Vienne-Furuoscope) termine 5e au sprint sur la corniche de Doha, au Tour du Qatar. Samedi en fin d'après-midi, elle se classe 3e de la course aux points des Pré-mondiaux sur piste à Bordeaux, remportée par Leire Olaberria. Dimanche, elle remporte le scratch.
Cyclismag : Comment as-tu fait pour te retrouver sur la piste de Bordeaux le lendemain de l'arrivée du Tour du Qatar ?
Pascale Jeuland : Avec Fiona Dutriaux et Florence Girardet, nous sommes arrivées à Paris samedi à 6 heure et demi du matin. Nous avons pris un vol pour Bordeaux où nous sommes arrivées à midi. La course aux points étaient prévue à 17 heures mais, heureusement, il y a eu du retard dans le programme et la course est partie à 18h30. Vu que j'habite Bordeaux, ce n'était pas plus mal de rentrer et de courir. Mais un voyage de nuit comme celui-là est très fatiguant.
VÉLO BOULOT
Au Qatar, comment t'es-tu située par rapport aux autres sprinteuses ?
Je ne suis pas en grande forme. Je manque d'entraînement sur route. Je dois encore acquérir de la force. J'ai fait beaucoup de piste cet hiver et j'ai aussi beaucoup travaillé comme aide-soignante. Je dois faire un équivalent mi-temps sur l'année entière. Pour faire des heures, en prévision de la saison routière, je travaillais dès que je rentrais de stage ou de compétition.
Comment se préparaient les sprints au Qatar ?
J'étais juste dans les bordures. Heureusement, il y avait un regroupement avant le sprint. Ça roulait vite trois kilomètres avant le sprint qui se lançait aux 400 mètres. Je préfère les sprints longs comme ceux-là.
Est-ce que c'est une bonne préparation pour les Championnats du monde sur piste ?
Oui. Il y avait beaucoup de pistardes dans le peloton, à commencer par l'équipe d'Italie. Leurs leaders [NDLR : comme Giorgina Bronzini vainqueur d'une étape] étaient en meilleure forme que moi. Elles étaient toujours devant. Le Tour du Qatar permet de se remettre dans le bain de la route et de donner de la caisse sur trois jours.
La piste de cet hiver est aussi une bonne préparation pour le Qatar car nous travaillons toujours à des seuils assez hauts. C'est un avantage pour les sprints longs mais c'est aussi pénalisant pour la distance des étapes.
« PAS UN DEUXIÈME HIVER COMME CELUI-LÀ »
Dans un mois et demi ce seront les Championnats du monde. Quelles disciplines disputeras-tu ?
Le scratch, la poursuite par équipes et peut être la course aux points. Mais pour cette dernière discipline, cela dépendra de ma progression. Si j'ai le même niveau que maintenant, cela ne servira à rien de s'aligner dans la course aux points.
Comment juges-tu ta Coupe du Monde sur piste cet hiver ?
Je ne suis pas contente de ma Coupe du Monde. Les déplacements sont trop nombreux pour moi qui doit aussi trouver du temps pour travailler. L'an prochain, il faudra trouver une meilleure organisation. Je ne veux pas revivre un deuxième hiver comme celui-là.
« A PÉKIN, JE N'ÉTAIS PAS BIEN »
Votre trio de poursuite par équipes a-t-il progressé ?
Avec Sophie Creux et Fiona Dutriaux, nous avons progressé techniquement et tactiquement. Nous arrivons bien à nous comprendre quand une de nous est moins bien. Mais physiquement, c'est dur. Nous sommes toutes du même niveau, alors quand une de nous est juste, les deux autres ne peuvent pas compenser et cela pénalise l'équipe. A Pékin, c'est moi qui était la moins bien de l'équipe.
Quelle est la différence physique entre la poursuite individuelle et par équipes ?
Par équipes, ça va beaucoup plus vite mais il y a des temps de récupération.
Vas-tu recourir sur route d'ici les Championnats du monde sur piste (24 au 28 mars) ?
Je pars en stage avec l'équipe de France à Palma de Majorque du 15 au 25 février. Ensuite, j'irai au Het Nieuwsblad. Enfin, début mars, je verrai si je trouve des courses avec les gars. Si je cours avec des 2e catégorie, je préfère que ce soit sur des circuits plats.
Photo : Pascale Jeuland entre l'Asie et l'Europe
Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com