
Nicolas Bazin (CC Villeneuve St Germain) disputera dimanche le Championnat du Monde élite de cyclo-cross à Tabor (République tchèque). Après deux années passées dans l'équipe Continental Differdange, il n'a pas retrouvé d'équipe "pro" et se pose des questions sur son avenir.
Par Antonin Hudrisier
ANXIEUX EN DÉBUT DE SAISON
3e du Championnat de France de cyclo-cross de Liévin disputé début janvier, Nicolas Bazin (CC Villeneuve St Germain) ne cachait pas sa joie sur la ligne d'arrivée. Derrière les professionnels Francis Mourey (Française des Jeux) et Steve Chainel (Bbox Bouygues Telecom), il accroche un podium décisif pour le reste de l'année. Sa médaille de bronze lui permet de tirer un trait sur un début de saison difficile. En fin de contrat avec l'équipe Continental Differdange, il n'a pas trouvé de nouvelle formation professionnelle : "J'espérais vraiment intégrer une équipe française pour 2010 rappelle le coureur à www.cyclismag.com. Quand j'ai vu que cela ne se ferait pas, le moral en a pris un coup. Je suis très anxieux de nature, et je me suis posé pas mal de question à ce moment-là." À la fin du mois d'octobre, David Pagnier, le directeur sportif du CC Villeneuve St Germain lui a proposé de rejoindre sa DN. La suite de la carrière de Nicolas Bazin se fera chez les amateurs, mais le coureur est rassuré : "J'ai retrouvé la motivation pour faire une belle fin de saison." 4e de la deuxième manche du Challenge National à Besançon, 2e du la finale à Quelneuc, il a rattrapé le temps perdu dès le mois de novembre.
BESOIN D'UNE SITUATION STABLE
L'ancien coureur de l'US Domont, 2e du classement final du Challenge National de cyclo-cross cet hiver, sera au départ du Championnat du Monde de cyclo-cross en République tchèque dans deux jours (le 31 janvier, NDLR) : "Cette sélection me motive pour continuer à haut niveau". Pour ce faire, il est conscient qu'il a besoin d'une situation socio-professionnelle stable : "Ainsi, je pourrais pédaler sereinement. Le mieux serait que j'évolue au niveau "pro", et j'aimerais que mes bons résultats soient remarqués pour pouvoir accéder à ce statut."
Pour l'instant, le coureur est totalement concentré sur son sport et a pu préparer le Mondial dans les mêmes conditions que ses adversaires : "À l'heure actuelle, je ne fais encore que du vélo. J'ai pu m'entraîner comme tout le monde pour le Championnat du Monde." Et l'équipe de France lui permet de bénéficier d'un appui considérable à l'approche de l'objectif : "Le fait d'être amateur ne change rien pour cette course, nous sommes très bien encadrés par l'équipe de France, aussi bien les "pros" que les "amateurs" !"
Amateur ou pas, il rêve d'un top 20 sur le circuit du Tabor : "Je pense que c'est mon niveau confie-t-il à www.cyclismag.com. La forme est bonne en ce moment. Je ne connais pas du tout le terrain, il faudra que je trouve de nouveaux repères dans la neige et la glace."
À la fin de la saison hivernale, il ne pourra plus se consacrer entièrement au cyclisme : "Je suis en train de chercher un emploi à temps partiel" indique-t-il.
CONTINUER EN BELGIQUE ?
Dans le doute pour l'instant quant à son avenir, Nicolas Bazin n'envisage pas d'arrêter le vélo : "Je ferai toujours du cyclo-cross. Je n'arrêterai jamais le vélo. Reste à savoir à quel niveau je pourrais le faire. Je suis avant tout un passionné, alors, ce sera peut-être plus du vélo plaisir avec des objectifs moins élevés ". 16e de la finale de la Coupe du Monde à Hoogerheide (Pays-Bas) ce dimanche et 29e du classement final, il sait pourtant qu'il a sa place dans le haut de la hiérarchie mondiale : "Ce qui m'intéresse, c'est d'essayer d'être devant au niveau national, et essayer de l'être au niveau international." Les semaines qui arrivent s'annoncent déterminantes pour lui : "Je fixerai mes objectifs pour l'hiver prochain."
Et son avenir pourrait se situer plus au Nord, en Belgique : "Les gens aiment le cyclo-cross là-bas. Les sponsors suivent pour les équipes spécialisées dans la discipline et pour les grandes organisations. Là-haut, tout est concentré sur un petit périmètre, les spectateurs peuvent suivre plus facilement." Même si ses contacts avec des équipes belges ont échoué l'an dernier, il n'est pas encore résigné : "Arnaud Jouffroy (lire ici) a franchi le pas, c'est une bonne alternative lorsque l'on veut être spécialiste du cyclo-cross."
Photo : Les doutes de Nicolas Bazin
Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com