
C'est le gros dossier de la rentrée. La grippe A arrive, les médias nous annoncent un raz-de-marée mais nous bombardent de conseils pour y échapper. Cyclismag prend la roue et adapte ces recommandations au vélo.
Par Pierre Carrey, Etienne Garnier, Antonin Hudrisier et Dominique Turgis
NE PLUS VOYAGER
Evitez de sortir de chez vous ! Cette solution est idéale pour éviter de contracter le virus. En boudant la fin de saison, les cyclistes ont toutes leurs chances de ne pas attraper le virus. Si cela ne gênera pas Alberto Contador qui a déjà terminé sa saison, les coureurs en fin de contrat, oubliés pendant deux ans dans une ProTour ont encore intérêt de courir. De plus, la solution peut servir de bonne excuse pour des coureurs peu motivés par les classiques de fin de saison en exerçant leur droit de retrait. Après cela, les grosses équipes pourront se justifier d'engager seulement 6 coureurs au départ des épreuves de septembre. Et Jérôme Pineau ne regrettera pas de ne pas aller à Mendrisio.
SUPPRIMER LES MISS SUR LES PODIUMS
Les recommandations de prévention contre la grippe l'affirment, il ne faut plus se faire de bisous, même sur la joue. Alors à la fin des courses cyclistes, plus question de demander aux Reines de beauté d'embrasser les vainqueurs, surtout qu'elles passent allègrement d'un coureur à l'autre. Solution de rechange, que les miss portent un masque ou qu'elles utilisent un rouge-à-lèvres désinfectant. Parce que la prévention contre la grippe A le vaut bien.
Au moins au Qatar, cela ne va pas changer grand chose.
LA MAIN DEVANT LA BOUCHE
Finis les dépôts de glaire sur les routes des courses cyclistes. Un coureur surpris en train d'éternuer ou de se moucher sera puni par une amende et un débours de plusieurs secondes au classement général. Pire, si le malade en question ne met pas sa main ou son coude devant sa bouche, le jury des commissaires se réservera le droit de disqualifier le fautif et de lui demander de descendre de machine sur le champ. Ce système étant difficile à mettre en place pour les commissaires qui ne peuvent pas contrôler l'ensemble du peloton, il pourra être demandé aux coureurs de ne pas hésiter à dénoncer leurs adversaires coupables de ne pas avoir gardé pour eux leurs microbes.
SUPPRIMER LE PUBLIC
Pour éviter la propagation du virus H1N1, une des solutions est de supprimer les rassemblements collectifs. Pour le vélo, on peut interdire au public de venir s'attrouper autour des bus des équipes cyclistes. Enfin une solution pour se débarrasser de ces gens qui empêchent les coureurs de respirer et qui sont donc obligés de rester dans leur bus. Grâce à la grippe A, le vélo va enfin pouvoir devenir un sport moderne, populaire mais pas trop non plus.
NE PAS S'ECHANGER LES SERINGUES
Alors là attention danger ! Il est totalement déconseillé de s'échanger les seringues entre coureurs même si c'est pour dépanner un copain. Même quand il s'agira de se faire vacciner. Les équipes pourront demander la vaccination obligatoire pour leurs coureurs porteurs d'une AUT, forcément plus sensibles aux maladies. Tant pis pour ceux qui ont peur des piqûres.
L'AMA redoute déjà que certains demandent d'ajouter un peu de corticoïdes dans le vaccin, "pour soulager la douleur". Mais l'Agence mondiale antidopage ne va quand même pas s'opposer à une mesure de salubrité publique.
BANNIR A VIE MICHAEL RASMUSSEN
L'UCI tient là l'argument imparable pour refuser le retour du grimpeur danois. Sur le plan de la grippe aussi, tout l'accuse. Fan du Mexique, le foyer d'origine de l'épidémie, il a épousé une fille du pays et prétend s'y entraîner en 2007 quand il batifole en réalité sur les routes italiennes des Dolomites. De plus, il a signé cette fin de saison pour une équipe continentale mexicaine. Par ailleurs, son surnom de "Chicken" n'est pas sans rappeler une autre grippe, celle dite "aviaire" et qui touche en priorité les organismes les plus fragiles. Que penser de la carcasse frêle de ce grand souffrant ? Anorexique, quasi végétarien, Rasmussen exigeait une seule couche de peinture sur le cadre de son vélo et chaussait des souliers volontairement trop petits. Cette obsession du gain de poids en fait une cible privilégiée pour l'épidémie et donc, un porteur à risque pour le reste du peloton.
OREILLETTES OBLIGATOIRES
On l'a critiquée mais là, on va être bien content de l'utiliser. Les coureurs devraient être interdits d'aller parler à la portière de leur directeur sportif pour éviter toute contamination. Les oreillettes sont la seule solution pour éviter tout contact. D'ailleurs, les causeries dans les bus avant la course devront se faire par les radios. Les récepteurs et les micros devront être personnels et ne pas s'échanger entre coureurs. Pour passer des bidons, il y aura un hygiaphone en remplacement des vitres de voitures des équipes.
Consolation pour les directeurs sportifs, ils pourront toujours s'amuser à chercher les fréquences des équipes adverses.
COMBINAISON INTEGRALE
Les fabricants de textile pour les cyclistes se frottent les mains : une nouvelle combinaison intégrale fera son apparition dans les pelotons au cours du mois de septembre. Sur le principe de la burqa, mais en beaucoup plus moulant, cette nouvelle panoplie va recouvrir les coureurs de la tête aux pieds, avec tout de même une ouverture pour les yeux. Reste à trouver de nouveaux sponsors pour venir décorer les joues, le menton et le cou.
SUPPRIMER LES SIX-JOURS
Le ministère de la santé l'a bien dit, il faut se laver régulièrement les mains. L'UCI ne risque rien, elle est habituée à jouer les Ponce Pilate.
En revanche, s'il est un domaine où les coureurs se touchent la main tous les tours ou presque sur les vélodromes, c'est sur les courses de Six Jours. Après avoir supprimé les spectateurs, la solution ultime sera de supprimer les coureurs. C'est l'Allemagne, terre des Six Jours qui va être triste.
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Photo : Voilà comment se propage une maladie
Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com