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    Julie Krasniak : « Un podium en espoir, c'est éphémère »

    Posté le Jeudi 04 juin 2009 @ 21:10:38

    Julie Krasniak a signé fin mai son premier podium en coupe du Monde espoir de VTT, et prépare maintenant les championnats de France dont elle a reconnu le parcours au début du mois.










    Propos recueillis par Antonin Hudrisier


    LE CHRONO DES FRANCE EST DÉCEVANT

    « La grande nouvelle de la semaine, c'est que j'ai eu ma deuxième année de droit. C'est un soulagement énorme. Je redoutais de devoir aller aux rattrapages, cela m'aurait peut-etre empêcher de faire certaines courses... Je revis, car, même si je n'avais plus de travail scolaire, la période d'attente des résultats a été très pénible. Par contre, ce n'est pas parce que je vais plus à la fac que je n'ai rien à faire. Toute l'année, j'ai été obligée de reporter pas mal de rendez-vous importants : je dois tout rattraper maintenant, par exemple, aller chez l'ophtalmologiste. Je ne m'entraîne pas forcément plus dur, au contraire, je préfère m'entraîner bien que beaucoup. Je ne suis pas du genre à rouler 30 heures par semaine. Ce qui est sûr, c'est que j'ai plus de temps pour récupérer, et surtout, moins de pression. Actuellement, je suis à Rennes. J'ai reconnu les circuits du contre-la-montre et de la course en ligne du Championnat de France de St Brieuc avec mon frère Thomas, qui court en 2e catégorie. Je suis très déçue par le chrono. On m'avait dit que le parcours était très technique, mais je crois que ceux qui ont dit ça ne sont jamais montés sur un vélo. Il y a trois virages, c'est peut-être le bout du monde pour certains ! En plus, les bosses ne sont pas difficiles, ce sont des bosses pour rouleuses, les filles qui ne sont pas à l'aise techniquement ne perdront pas de temps. Par contre, la course en ligne sera très dure. Dès le premier tour, il y aura des dégâts. Mais cela me convient bien, je n'aurais pas à porter le poids de la course sur mes épaules, j'aurais juste à faire mon effort, et pas besoin de me soucier d'une éventuelle tactique pour aller chercher le titre en espoir.

    PLUS DE CONFIANCE EN MOI

    Au Championnat de France (fin juin, NDLR), je viserai une meilleure place que l'an dernier au scratch (6e sur la course en ligne en 2008, NDLR). Je sais que j'arrive bien à préparer les championnats. Je suis un peu formatée pour cela. Depuis cadettes, on me dit que ce qui est important, ce sont les championnats, les médailles et les maillots. Quand j'étais plus jeune, toutes les courses de l'année me servaient d'entraînement pour les championnats. Sur ces courses-là, il y a un gros enjeu, il faut être à 100% et j'arrive à canaliser toute mon énergie. Cette année, la seule course que j'ai vraiment préparée, c'est la Fleche Wallonne, pour ensuite avoir ma place pour les Jeux Méditerranéens. Mais toutes les autres courses étaient de gros entraînements. Depuis la fin de l'année dernière, j'ai aussi beaucoup plus de confiance en moi. En terminant 6e du GP de Plouay en août, j'ai eu un déclic, qui s'est confirmé en septembre à l'occasion de la finale de la coupe du Monde de VTT. J'ai remarqué sur les premières coupes de France route que dès que j'attaque, il faut qu'il y ait 20 filles qui roulent pour venir me chercher. Cela ne me dérange pas, bien au contraire, c'est un challenge pour moi. En fait, les autres filles me font progresser.

    ETRE LUCIDE SUR LES RESULTATS

    Le dimanche 24 mai, j'ai signé mon premier podium en Coupe du Monde Espoir Dame. J'étais déjà très heureuse de rentrer dans les 25 premières au scratch, et, à l'arrivée, on m'a annoncé que j'étais 3e espoir dame. On dit du circuit qu'il est roulant, mais en fait, c'est la vitesse qui le rend technique. Mais il faut être réaliste aussi. Un podium espoir en coupe du monde, cela ne "reste" pas. Si une fille gagne la coupe du Monde espoir dame mais qu'elle est 30e au classement général scratch, elle ne va pas forcément attirer un grand team international. Il faut bien se dire que "espoir", c'est une étape. D'ailleurs un podium en espoir dame, c'est important pour les sponsors, mais c'est très éphémère. Personnellement, j'ai toujours suivi le sport, le ski ou le snowboard notamment, j'ai la culture du sport de très haut niveau, de la vraie performance, du globe de cristal ... C'est tout le problème du sport. Il faut mettre les choses à leur place. Par exemple, je suis toujours étonnée quand je vois certains jeunes, qui ont entre 14 et 18 ans et qui sont poussés par leur entourage pour préparer un objectif. Passé cet âge-là, la difficulté est exponentielle, et si un adolescent a été à bloc pendant 4 ou 5 ans, il lui est difficile de retrouver la motivation pour d'autres challenges. Préparer un championnat de France Junior et s'entraîner pour des courses professionnelles de plus de 200 km, ce n'est pas la même chose. C'est ma vision, et je sais que mon entourage n'est pas étranger à cette manière de penser. Mon père a l'optique des Jeux Olympiques, il voit toujours loin, et oublie parfois de se satisfaire d'un titre national ou d'une médaille mondiale. Les objectifs de l'entraîneur ne sont pas forcément ceux du coureur, et vice-versa. Je vais avoir 21 ans demain, et j'arrive maintenant à prendre plus de recul par rapport à cela : on m'a toujours dit que j'étais dans la norme, mais, je me rends compte aussi que j'ai la chance d'avoir été 10 fois championne de France et que je réussis dans mes études. Il faut savoir se satisfaire de ce genre de choses. »

    Retrouvez la fiche de Julie Krasniak ici


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    Lire les précédents carnets :
    - 12/02/2009 : « Pas de choix à faire entre route et VTT »
    - 19/03/2009 : « Il n'y a pas d'équipe pour peser sur la course »
    - 09/04/2009 : « On ne fait pas du vélo pour voyager »
    - 07/05/2009 : « Une nouvelle saison commence »
    - 04/06/2009 : « Les objectifs de l'entraîneur ne sont pas forcément ceux du coureur »

    Crédit photo : Régis Garnier - www.velofotopro.com



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