
Christel Ferrier-Bruneau (Vision 1 Racing) vient de terminer 21e du classement général du Tour de l'Aude. Au service de Nicole Cooke, elle ressent déjà les effets de son changement d'équipe.
Par Antonin Hudrisier
PAS SEULEMENT AU SERVICE DE COOKE
Recrutée cet hiver dans l'équipe Vision 1 Racing de la championne olympique et du monde Nicole Cooke, Christel Ferrier-Bruneau endosse le rôle d'équipière au départ du Tour de l'Aude: "J'étais là pour aider Nicole, pour la replacer et l'accompagner en montagne." confie-t-elle à Cyclismag.
46e au général en 2008, 44e en 2007, Christel Ferrier-Bruneau attendait quand même mieux pour 2009 : "Tout en aidant ma leader, je voulais faire mieux que les années précédentes". 21e cette année, l'objectif est réussi, mais Christel retient surtout son rôle d'équipière, notamment au cours de la 8e étape entre Axat et Espezel, : "Nicole a lâché avant moi dans le deuxième GPM. Je l'ai attendue et nous nous sommes retrouvées toutes les deux ensemble dans la descente. Lorsque nous sommes revenues dans le groupe de tête, Nicole a attaqué tout de suite, j'ai contrôlé derrière et elle a terminé deuxième de l'étape. A l'arrivée, elle m'a remerciée, ce qui m'a fait très plaisir, d'autant plus qu'il y a une très bonne ambiance dans l'équipe. Dans ces moments-là, quand le travail d'équipe paie, j'arrive à être aussi heureuse que si j'avais moi-même terminé sur le podium."
Même si la vice-championne de France sur route et en cyclo-cross arrive à se retrouver dans ce rôle d'équipière, elle a aussi la possibilité de s'exprimer individuellement : "On peut jouer notre carte, notamment en début d'étape. J'ai donc essayé d'attaquer, et je gardais à l'idée la possibilité d'une victoire d'étape". Mais la fin de course reste réservée exclusivement à la championne olympique : "Si on n'est pas dans les coups en début d'étape, on se met au service de Nicole pour le final. La tactique se fait naturellement, on en discute entre nous ou par l'intermédiaire des oreillettes."
LE CONTRE-LA-MONTRE SUR SON PROPRE VÉLO
Le contre-la-montre par équipe est un exercice rare dans les courses réservées aux féminines : "Nous n'avions jamais travaillé ce genre d'exercice". Au manque d'expérience s'ajoute aussi des problèmes de matériel : "Nous n'avons reçu les vélos que quelques jours avant l'épreuve. Le mien n'était pas à ma taille, je n'ai donc pas pu utiliser le vélo Focus de l'équipe. Je sais que certaines filles ont été déstabilisées par les nouvelles montures." Dans ce contexte, la 11e place de l'équipe et les 2'25 perdues reste plutôt une satisfaction : "On a bien limité les dégâts. En plus, les écarts se sont surtout creusés en montagne. Marianne Vos par exemple, a perdu du temps sur l'exercice chronométré, mais a pu revenir au général en s'échappant." Pourtant, l'équipe n'avait pas forcément travaillé spécifiquement la montagne : "Nous n'avons pas réalisé de stage dans les cols. Le camp d'entraînement de l'équipe est basé en Belgique, on ne peut pas dire qu'on a travaillé le coup de pédale spécifique aux longues ascensions." La Languedocienne n'a pas vraiment senti de manque à ce niveau-là : "En fait, comme j'ai enchaîné beaucoup de courses, j'avais déjà pu travailler le rythme, et j'étais bien dans l'allure."
PLUS OFFENSIVE
Christel Ferrier-Bruneau le reconnaît, son changement d'équipe lui a beaucoup apporté : "Physiquement, j'ai pris beaucoup de puissance: en fait après avoir coupé après la saison de cyclo-cross et le Tour du Qatar, je n'ai disputé quasiment que des courses internationales. J'étais présente sur toutes les Coupes du Monde (sauf le Tour de Drenthe)" A mi-temps l'an dernier, elle dispose maintenant de tout son temps libre pour s'entraîner, grâce à un contrat avec l'Armée de Terre : "Sur ce Tour de l'Aude, je vois la différence, car j'ai pu rouler plus et aussi plus récupérer. Je ne pensais pas arriver à de si bons résultats. "
Plus à l'aise dans les montées, elle progresse aussi dans sa manière de voir la course : "En ayant l'objectif d'aider Nicole, j'arrive à mieux me placer, j'ai une meilleure vision de la course. Mais j'ai aussi changé ma façon de courir. J'ose plus attaquer, tenter des coups. L'an dernier, je subissais, j'essayais juste de rester dans les roues. Maintenant, c'est différent, je cherche à peser sur la course."
Christel Ferrier-Bruneau mesure sa chance d'appartenir à l'équipe anglaise : "Les équipes françaises ne peuvent pas beaucoup courir à l'étranger. Si toutes les françaises étaient pros, on serait peut-être beaucoup plus nombreuses dans le top 15 international. En Hollande et en Italie, la plupart des filles ne font que du vélo et elles sont devant sur les courses."
Discutez-en sur notre forum
Photo : Christel Ferrier-Bruneau confirme sa belle saison 2008
Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com