
Faute de licence pour la formation H2O, Michaël Szkolnik a été contraint de retourner dans les pelotons amateurs. Le coureur d'Albi Vélo Sport, déçu, souhaite avant tout se faire plaisir et ne perd pas l'espoir de franchir le Rubicon.
Par Carine Cambou, avec la collaboration de Nicolas Gachet
Lundi 26 octobre 2008, Michaël Szkolnik signe un contrat de deux ans avec la formation H2O, managée par Max Radoni. C'est la libération pour le coureur licencié à Albi Vélo Sport. Meilleur coureur sur les manches de la Coupe de France des clubs en 2007 et double vainqueur d'étapes sur le Tour de Gironde en juin, il est alors à 26 ans l'un des meilleurs coureurs amateurs de l'Hexagone.
LA DÉCEPTION H2O
En début saison dernière pourtant, il ne se faisait guère d'illusions sur ses chances de passer pro. "Il n’y a pas que les résultats qui comptent mais le piston également. Quand je vois ceux qui passent professionnels, je me dis qu’ils ne sont pas spécialement plus forts que moi. J’aurai au moins voulu être stagiaire pour voir le niveau, voir la différence et me situer. Il est sûr que si je ne passe pas professionnel, j’aurai toujours des regrets" confie-t-il à l'époque à www.cyclismag.com. Mais Max Radoni passe par là et lui tend donc la main. Michaël Szkolnik imagine alors courir au niveau Continental Pro et côtoyer notamment ses compatriotes Patrice Halgand et Aurélien Passeron. Les semaines s'enchaînent et la formation qui aurait dû être basée au Luxembourg n'obtient pas de licence auprès de l'UCI. Michaël Szkolnik fait tout de même connaissance à l'occasion d'un stage dans la banlieue de Turin avec ses ex-futurs coéquipiers. Mais il ne portera jamais le maillot H2O en compétition. Refusé en Continental Pro puis en Continental, Max Radoni est contraint de voir partir la saison sans son équipe. "Pour moi, c'est une déception mais ce n'est que partie remise"" glisse Michaël Szkolnik. Aujourd'hui, il n'a plus aucune nouvelle du projet. "Depuis le fait que l'équipe n'ait pas obtenu de licence et depuis que le projet de fusion avec une autre équipe est tombé à l'eau, je n'ai plus de contacts avec eux" indique-t-il à www.cyclismag.com. De son côté Max Radoni espère faire partir sa formation l'an prochain.
DE RETOUR À ALBI VÉLO SPORT
Michaël Szkolnik a donc dû se résoudre pour 2009 à renfiler le maillot d’Albi Vélo Sprint. Une situation "difficile" décrit le coureur qui a retrouvé la motivation grâce à son équipe. "Le fait d'être dans une équipe telle qu'Albi m'a redonné l'envie" explique-t-il. En effet, il a pu trouver le soutien de ses coéquipiers, partagés entre le plaisir de le retrouver et la déception. Déçus que leur capitaine de route soit contraint de faire ses gammes, une année de plus, avec eux alors qu’à l’intersaison, l’équipe de DN Espoir a vu trois de ses coureurs, Blel Kadri (AG2R-La Mondiale), Peter Latham (Bissell Pro Cycling) et Mickaël Damiens (EQA-Meitan Hompo), franchir le Rubicon. Déjà hésitant en fin de saison dernière quant à son avenir s’il ne trouvait pas d’équipe professionnelle, Michaël Szkolnik a un temps pensé raccrocher avec la route. "Mais mon tempérament de compétiteur m’empêche de m’éloigner des courses" confie le coureur qui s’est également remis en cause. "Suite à la déception, j'ai levé le pied, je me suis mis au VTT mais la compétition me manquait donc j'ai repris la saison en cours de route." En effet, alors que son équipe est allée faire sa rentrée des classes aux courses du soleil, Michaël Szkolnik a fait son retour un mois plus tard, au Grand Prix d’Ouverture Pierre Pinel à Monstastruc début mars.
« L'ESPOIR FAIT VIVRE »
Avec un retour plus tardif à la compétition et une coupure tôt à l’intersaison, Michaël Szkolnik sait qu’il lui sera difficile cette saison "de réitérer [son] résultat au classement individuel de la Coupe de France 2007." Un classement officieux qu’il avait remporté alors qu’il atteignait l’âge limite fixé à l’époque sur cette compétition. Le règlement de la FFC ayant évolué il peut désormais y reprendre part. Des Coupes de France que Szkolnik accueille à bras ouverts. "C’est un nouveau challenge" précise-t-il, conscient qu’il ne peut en faire une priorité. Cette saison, le coureur natif de Gironde souhaite se "diversifier dans des disciplines comme le VTT et faire une saison de cyclo-cross plus complète." Et, si déjà un an auparavant, il déclarait à www.cyclismag.com : "Cette année, je me mets moins de pression mais je ne baisse pas les bras. Je cours pour aller au plus haut possible", Michaël Szkolnik, n’a pas changé de philosophie pour 2009 et ne cache pas qu’il court aussi pour se faire plaisir. Il n’a repris la compétition que début mars, mais a déjà la satisfaction d’une 3e place sur la difficile épreuve Elite Nationale, Le Trophée National de Pujols. L'Albigeois sait que les rangs amateurs ont encore à lui apporter : "En étoffant le calendrier avec des courses de classe 2" précise-t-il. Des courses à l’image du Tour de Gironde, où il s’est déjà imposé sur la dernière étape en 2008. Avant pourquoi pas, une nouvelle équipe la saison prochaine car Michaël Szkolnik ne le cache pas : "l’espoir fait vivre !"
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Photo : Michaël Szkolnik ne perd pas l'espoir de franchir le Rubicon
Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com