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    Julie Krasniak : On ne fait pas du vélo pour le plaisir de voyager

    Posté le Jeudi 09 avril 2009 @ 21:44:38

    Après un début de saison perturbé par les études et les examens, Julie Krasniak se tourne maintenant vers les échéances internationales, et livre à www.cyclismag.com ses impressions sur l'avenir du cyclisme féminin.










    Propos recueillis par Antonin Hudrisier


    UNE PREMIÈRE COUPE DE FRANCE SOUS LES COULEURS DE MON TEAM PERSO

    « J'ai inauguré mon nouveau Team à l'occasion de la première manche de la Coupe de France de VTT à St Raphaël. J'étais accompagnée par mon père et par Sam, le nouveau mécano qui est très pro. Je suis d'ailleurs rentrée en contact avec lui par l'intermédiaire du mécanicien de Julien Absalon, donc je savais que j'avais affaire à une valeur sûre.
    Au niveau de l'organisation, il y a des choses à améliorer, mais ce sont des détails. Sur les Coupes du Monde, Sam m'accompagnera, mais je pourrai aussi compter sur le staff de l'équipe de France. C'est difficile de trouver des gens compétents, mais normalement, il n'y aura pas de problème.
    J'ai participé au relais le Vendredi car j'ai intégré pour l'occasion l'effectif d'un autre Team, "Irwego". J'étais en tête devant Cécile (Ravanel, la championne de France élite, NDLR)), mais j'ai tordu ma patte de dérailleur. Les vitesses sautaient, et sur une relance, j'ai chuté. Le lendemain, sur le cross-country, je suis bien partie, mais j'ai vite vu que je manquais vraiment de bonnes sensations. Le parcours était exigeant, et je n'ai pas encore fait assez de sorties VTT. Je termine en 3e position en catégorie Espoir. Lorsque j'étais en deuxième année Junior, en 2006, j'étais déjà surclassée dans cette catégorie, et j'avais gagné quelques manches. Là, c'est différent, le niveau n'est pas le même, il y a beaucoup plus de concurrence, avec de nombreuses étrangères au départ. Beaucoup de coureurs viennent en France pour profiter du bon niveau général, et cela donne plus de niveau aux épreuves.

    LES ÉTUDES AVANT TOUT JUSQU'AU 6 MAI

    Je profite actuellement des petites vacances pour faire des sorties VTT, et je participerai à une Coupe d'Allemagne de la discipline le week-end du 12 avril. Sur ces courses-là, il y a énormément de niveau, et parfois, c'est presque une "Coupe du Monde d'Allemagne", puisque tout le top 10 mondial est présent sur la ligne. Je ne connais pas encore le circuit qui nous attend, mais en général, les parcours se rapprochent d'une configuration de Coupe du Monde. Ensuite, je vais enchaîner sur la Flèche Wallonne, où je devrais être bien physiquement grâce aux acquis de mes sorties VTT. Autant le travail sur route ne permet pas d'être au top en VTT, autant l'entraînement en VTT permet de se préparer correctement pour les épreuves routières. J'ai toujours fonctionné comme cela,
    Puis, fin avril et début mai, je m'alignerai sur deux manches de la Coupe du Monde de VTT. Je ferai avec la forme du moment, car, entre temps, je vais énormément bosser pour la fac, puisque j'aurai des partiels. Le 6 mai, tout sera fini, mais jusqu'à cette date, je me concentre à fond dans les études, ce serait dommage de gâcher tout le travail scolaire que j'ai effectué pour mieux marcher sur ces quelques courses. D'ailleurs, à St Raphaël, je disais à mon père que c'était mon 25e départ en Coupe de France, et qu'après tout, même si je ne gagne pas cette manche-ci, je retiendrai les victoires sur les autres.

    LE CHRONO PAR ÉQUIPES FAUSSE LE CLASSEMENT

    Après ce WE de VTT, j'ai participé à la Ronde de Bourgogne sur route. Le samedi, pour le contre-la-montre par équipes, nous étions que 3, plus une Junior, et on ne pouvait absolument pas viser une place au général. Il aurait fallu prendre 5 minutes d'avance avant pour espérer gagner. Un contre-la-montre par équipe sur une épreuve de deux jours, ce n'est pas terrible. C'est bien sur une course d'une semaine, mais là, ça fausse le classement. On savait avant le départ que l'on ne pourrait pas jouer la victoire finale. D'ailleurs, je ne suis pas vraiment fan des courses par étapes, je n'ai pas tellement la motivation de monter sur le vélo deux fois par jour.
    Dans la dernière étape, j'ai commencé à me sentir bien quand le peloton a roulé fort, et après plusieurs attaques, je me suis isolée. Seule en tête, je me suis dis qu'il fallait que je tienne, pour compenser toutes les galères que je traverse pour pouvoir concilier la fac et le vélo. J'ai remporté l'étape, et Jeannie Longo m'a félicité, ça m'a étonné !

    SANS REVENU, LES FILLES PEUVENT SE LASSER

    On dit souvent qu'il y a des tensions entre Jeannie et moi, mais personnellement, je n'ai rien contre elle. Ce sont les médias qui ont monté le truc cet été, moi, j'ai parlé des problèmes du cyclisme féminin. La presse a extrapolé, et a mis en place une opposition entre elle et moi. Si Jeannie Longo et Edwige Pitel sont toujours devant, c'est parce qu'il y a un problème : rien n'est fait pour que les filles marchent. Le souci, c'est que les filles ne sont pas professionnelles, tout simplement. Pour les hommes, le vélo est un métier, il y a une notion de travail. Un stagiaire peut gagner plus de 1000 euros. Sans revenu, les filles, au contraire, peuvent se lasser. Si il n'y a pas de Françaises professionnelles, il sera impossible d'obtenir un titre de championne du Monde dans le futur. À mon avis, on ne fait pas du vélo uniquement pour le plaisir de voyager et de se promener, et j'ai l'impression que pour certaines personnes, c'est le cas. Avec le changement de DTN, les choses peuvent changer, mais ce n'est pas forcément à la FFC de tout faire. Aujourd'hui, le sport, c'est du partenariat privé, et si le privé n'aide pas, rien ne pourra évoluer.
    En même temps, cette situation m'arrange... je peux continuer mes études et être dans le coup. Je ne suis pas Russe, je ne vis pas avec 400 euros par mois, c'est à peine ce dont j'ai besoin pour payer le loyer. Et puis, vivre sous la menace du moindre pépin, ce ne serait pas mon rêve non plus. »

    Retrouvez la fiche de Julie Krasniak ici


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    Lire les précédents carnets :
    - 12/02/2009 : « Pas de choix à faire entre route et VTT »
    - 19/03/2009 : « Il n'y a pas d'équipe pour peser sur la course »

    Crédit photo : Régis Garnier - www.velofotopro.com


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