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    Emilien Bergès : « Je me suis trop pris la tête au chrono 2003 »

    Posté le Mercredi 25 août 2004 @ 21:17:09

    Emilien Bergès (Châteauroux), sera demain le favori du championnat de France chrono espoir malgré un parcours peu à son avantage. Futur stagiaire chez RAGT sur le Tour de l’Avenir, il revient notamment sur son attirance pour le contre-la-montre.




    Propos recueillis par Pierre Carrey


    Emilien, tu disputes demain le contre-la-montre des championnats de France de l’Avenir sous les couleurs du comité orléanais. Pourquoi brilles-tu dans cette discipline ?
    C’est d’abord mon terrain de prédilection parce que j’ai un gabarit taillé pour ça (NDLR : Emilien pèse 79 kilos pour 1,93 mètre). On est toujours à fond, mais il faut se connaître car, si on dépasse la limite, on est cuit. Cet exercice te permet de gagner des courses par étapes. J’ai remporté cette année le Tour du Canton de Mareuil grâce au chrono. Mais je ne survole pas le contre-la-montre comme d’autres sont capables d’écraser les courses en ligne sur trois mois. Le vélo te rappelle vite à l’ordre. J’ai eu quelques soucis en début d’année, trois chutes à répétition…

    Quelle a été ta préparation pour ces championnats de France ?
    J’ai préparé le contre-la-montre sur une distance de 30 kilomètres, avec une demi-heure avant et après, pour l’échauffement ou la récupération. Pendant l’effort, je divise le parcours en six tranches de cinq kilomètres. Tantôt je fais une portion à fond, tantôt je récupère. J’alterne ce type d’entraînement avec des sorties derrière scooter, pour tourner les jambes tranquillement, à 40 km/h.

    L’an dernier, tu étais déjà grandissime favori et t’es retrouvé 16ème…
    Le contre-la-montre de l’année passée est à oublier. Je me suis trop pris la tête.

    C’était ta dernière année avec Luc Leblanc, chez Pannorimo. Que te reste-t-il de cette époque ?
    Un super souvenir. La première année, je sortais des juniors et je tombais dans une grande équipe avec beaucoup de moyens. Cette année-là, on a été payés jusqu’à la fin de la saison. Je me suis très bien amusé avec Roussy, Mederel et Sébastien Portal. De la seconde année, je retiens mes résultats personnels.

    Le fait de passer stagiaire chez RAGT en fin de saison t’aide aussi à évacuer la pression en vue du chrono ?
    Bien sûr, c’est un soulagement. Mais mon entourage était surpris que je ne sois pas spécialement content de signer. J’ai été tellement frustré de rater cette occasion l’an dernier… Si j’avais été champion de France du contre-la-montre, ça aurait tout changé. RAGT m’a embauché seulement pour disputer les Tour de l’Avenir. Le GP des Nations ou le Chrono champenois, par exemple, je vais les courir avec le maillot de Châteauroux. J’espère que l’équipe me fera ensuite une proposition pour signer comme néo-pro. Je signerai de toute façon la première offre qui se présentera à moi. Par sécurité.

    Comment s’est établi le contact avec RAGT ?
    Le déclic s’est produit lorsque je suis entré en relation avec Jean Delatour l’an dernier. Cette année, tandis que j’ai rencontré toutes les équipes sur le Tour, avec mon CV, mon directeur sportif chez Châteauroux, Nicolas Dubois, a relancé RAGT. Je ne savais pas que les dirigeants de cette équipe me suivraient en voiture sur le contre-la-montre du championnat de France élites 1 (NDLR : Emilien y termine 10è de l'épreuve et 1er amateur, à 2'23'' d'Eddy Seigneur). Jean-Luc Jonrond a demandé son avis à Charly Bérard, le sélectionneur de l’équipe de France, qui, s’il ne pense pas du bien de moi, ne pense pas de mal en tout cas. Bref, RAGT l’a écouté. J’ai appris par Internet que j’étais stagiaire.

    Alors, heureux ?
    Si je signe chez eux, je retrouverai des coureurs avec qui je m’entends bien, comme Sébastien Minard, et des gars que je connais déjà, comme Canet ou Therville. J’ai entendu dire que l’équipe cherchait à s’étoffer…

    Comment vois-tu ton unique course sous les couleurs de RAGT ?
    Je vais montrer que je sais m’intégrer dans une équipe pro. Le Tour de l’Avenir, c’est l’occasion de taper dans l’œil d’un directeur sportif. La première semaine sera toute plate et j’espère m’y montrer. Ensuite, je vais montrer que je sais trimballer mon gros c… dans les cols (rires).

    Tu es passé cette année de la campagne pyrénéenne à l’agglomération lyonnaise. Un inconvénient ?
    C’est super sur un plan privé puisque je vis désormais avec ma copine, mais c’est très contraignant pour un coureur de rester là-bas. J’ai toussé pendant trois jours en arrivant. La pollution de l’air, on ne s’y habitue jamais. Au moins, Toulouse, par exemple, il y a du vent ! Là, c’est l’enfer, mais je sais que je vais vite revenir dans le Sud-Ouest. A Lyon, il me faut 20 kilomètres pour sortir de la ville. Dire que je râlais lorsque j’étais chez moi, en tombant sur un feu rouge à trois kilomètres… Deux ou trois fois, j’ai dû rouler avec Jérémy Roy, le néo-pro de Fdjeux. Mais il a déménagé, il est reparti en Bretagne. On le comprend !

    Crédit photo : Sébastien Bosvieux

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