
A quelques jours de la première manche de la Coupe de France à Cholet, Julie Krasniak fait le point sur sa préparation qui est passée par deux stages en équipe de France. Carnet de route.
Propos recueillis par Antonin Hudrisier
DEUX STAGES EN ÉQUIPE DE FRANCE
« J'ai participé à deux stages en équipe de France. Le premier, sur route en février, m'a permis de vraiment lancer ma saison, car, en Lorraine, les conditions d'entraînement sont difficiles.
Avec des températures négatives, c'est déjà le bout du monde d'aller rouler 2 heures. On a pu bénéficier de conditions plus clémentes que chez moi, mais j'étais un peu à la rue.
Du 11 au 14 mars, j'ai rejoint l'équipe de France en Ardèche, pour le stage VTT cette fois-ci . Il y a bien sûr une grosse différence entre les deux rassemblements. Par exemple, sur route, nous sommes seulement entre filles, mais en VTT, le groupe est mixte. Sur le stage VTT, on roulait avec les garçons, il y a donc une émulation différente. Je n'ai pas fait les deux premiers jours, car j'avais un partiel à passer à Nancy, et j'ai rejoint le groupe le mardi soir. L'avantage de ce stage, c'est qu'on se tire plus la bourre, car on est confrontés aux hommes. On a même fait un petite course-relais avec des équipes mixtes. On a beaucoup travaillé l'aspect technique, sur des circuits qui permettaient d'enchaîner les virages relevés, les descentes et quelques bosses. Le travail est plus qualitatif, ça change du stage route pendant lequel on montait des cols à bloc pendant un quart d'heure. C'était aussi l'occasion pour moi de tester mon nouveau VTT. Il est aussi rigide que celui que j'utilisais l'an dernier, et ma position est inchangée. J'ai pu reprendre les repères spécifiques au VTT, mais j'ai vu que je suis dans le dur techniquement. En fait, depuis la Coupe du Monde de Schladming en septembre, je n'avais pas vraiment retouché au VTT.
LA TECHNIQUE N'EST PAS PRIMORDIALE
Sur le stage VTT, une fille s'est démarquée au niveau de son aisance technique : Julie Bresset (3e du championnat du Monde Junior en 2007, NDLR). Elle met le feu aux meilleurs coureurs espoirs et élites. Marc (Colom, vice-champion de France espoir, NDLR) était impressionné. D'habitude, nous, les filles, on ne se lance pas partout en vélo, on hésite un petit peu sur les parties dangereuses. Cette année, comme Julie passe absolument partout, on y va nous aussi, ça nous motive, et du coup, on progresse. C'est un plus, mais, et je sais que beaucoup de personnes pensent le contraire, à mon avis, le niveau technique ne permet pas de faire la différence. Sur les courses de cross-country format olympique, le physique compte énormément, bien plus que la technique. Certaines filles passent d'ailleurs à pied sur les parties périlleuses, mais accrochent quand même les podiums internationaux. C'était le cas de Laurence Leboucher, qui était capable de faire de gros résultats en étant limitée techniquement.
EN STRESS PAR RAPPORT À MON NIVEAU ACTUEL
Au niveau des françaises, je ne vois pas d'adversaire qui puisse se démarquer. Quand on court entre nous, notamment sur les Coupes de France, ce n'est pas la même configuration de course qu'au niveau mondial. C'est d'ailleurs la performance internationale qui m'intéresse le plus, et à ce niveau-là, la Slovène Tanja Zakelj, la championne du Monde espoir de cross-country, est sûrement la fille à battre. Il y a deux ans, elle m'avait battu de quelques secondes au Championnat d'Europe et au Championnat du Monde. Elle est toujours prête sur les grands rendez-vous, mais on la voit moins lors des Coupes du Monde.
Personnellement, je ne sais pas encore à quel niveau je suis, et je ne connais pas celui des autres. Je suis un peu stressée par rapport à cela, et je suis donc impatiente de recourir à l'international.
Je n'ai disputé qu'une course sur route, avec les coureurs de 1ère catégorie, tout près de chez moi. Jusqu'à cette année, le scénario était toujours identique pour moi sur cette épreuve : lorsque je sautais, je rentrais direct à la maison. Cette année, j'ai pu aller au bout des 120 kilomètres, j'étais dans un groupe qui roulait bien. Même avec les garçons, je peux repérer mon niveau de condition. Comme je connais les coureurs, je sais quand je suis dans un bon groupe. Si je me retrouve avec des coureurs qui ont des poils aux pattes, c'est plutôt mauvais signe !
ALLIER VTT ET ROUTE
Dimanche, je serai à Cholet pour la première manche de la Coupe de France Route. Je ne sais pas encore si je pourrai porter le maillot de championne de France espoir. Cela dépend de la volonté des commissaires, mais généralement, je ne le porte pas. L'objectif, c'est de me tester. Je ne vais pas jouer la course tactiquement, j'essayerais plus d'attaquer, de bouger, afin de faire des efforts et bien m'entraîner. La place importe peu, d'autant plus que la course est relativement courte : 80 kilomètres, contre 120 ou 130 en Coupe du Monde. Même si je n'ai pas d'équipe, je ne pense pas être désavantagée. Bien sûr, certaines ont le même maillot : cela fait joli dans le peloton, mais comme les meilleures françaises sont dispersées, il n'y a pas de formation capable de véritablement peser sur une course.
Ensuite, je serai le samedi 28 mars à St Raphaël (Var) pour la première manche de la Coupe de France VTT, où j'inaugurerai mon Team. Il me tarde de voir comment cela va se passer. Le lendemain, je participerai à une manche du Challenge de l'Est, sur route, près de chez moi. Je prendrai la course comme un sortie de récupération, pour "promener le vélo" comme dirait mon père. »
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Lire les précédents carnets :
- 12/02/2009 : « Pas de choix à faire entre route et VTT »
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Crédit photo : Régis Garnier - www.velofotopro.com