
Romain Sicard n’a pas attendu pour faire parler de lui en remportant le classement des sprints intermédiaires à Majorque, sa première course chez les professionnels. Pour le deuxième volet de son carnet sur Cyclismag, le néo-pro de la formation Orbea se replonge sur son début de saison et révèle les enseignements qu’il a pu en tirer.
Propos recueillis par Carine Cambou
« J’ai donc débuté sur le Challenge de Majorque début février et je dois l’avouer, l’appréhension que je prévoyais s’est quelque peu faite ressentir mais seulement à l’heure du départ. Auparavant je préférais ne pas me poser trop de questions mais il est vrai que c’est toujours un peu intimidant sur la ligne de départ, de se retrouver aux cotés d’équipes et de coureurs que vous avez longtemps admirés par le biais de la télévision en tant que passionné.
« TIRER PLUSIEURS ENSEIGNEMENTS »
On m’a conseillé de courir sans peur et c’est pourquoi je me suis dit qu’il fallait courir en prenant des initiatives et en tentant de me glisser dans les échappées afin de ne pas trop gamberger. Sur les deux premières étapes j’ai eu la chance de me glisser dans les deux échappées du jour. J’ai donc bien vécu cette première course même si ce n’était pas simple tous les jours. J’ai aussi connu des moments plus difficiles, mais qui m’ont aussi permis de tirer plusieurs enseignements. Les deux premiers jours m’ont permis de voir comment se gérait une échappée au niveau professionnel, les suivants de constater à quel point ce type d’effort engendrait de la fatigue et nécessitait aussi beaucoup de récupération. Mes échappées des deux premiers jours ont laissé beaucoup de fatigue et je l’ai ressenti surtout sur la 3e étape. Il faut faire attention à fournir des efforts mesurés et essayer de rester dans un groupe assez important pour ne pas finir seul et loin.
« MARQUÉ PAR L’IMPORTANCE DU PLACEMENT »
C’était aussi une course très nerveuse où j’ai pu comprendre que le placement au sein d’un peloton pouvait avoir une grande importance notamment à l’approche des principales difficultés. C’est ce qui m’a le plus marqué. On empruntait des routes souvent sinueuses et la course se faisait, soit avant les cols car l’équipe qui imprimait le tempo mettait tout le monde en file indienne et parfois, provoquait des cassures. Où, si le peloton était toujours en file-indienne dans le col, il fallait monter dans les vingt premiers pour être sûr de basculer en tête, à cause du tempo et des cassures. Pour ma part, j’ai été surpris sur la 3e étape, je n’ai pas réussi à aborder le col devant et je fini à 5’. C’est sur la dernière étape où j’ai réussi à faire l’effort pour courir devant et donc basculer avec la tête du peloton. Le rythme est aussi différent, plus organisé mais aussi parfois très rapide.
« UNE SAVEUR PARTICULIÈRE »
Cette épreuve de cinq jours m’a aussi permis de remporter un classement, celui des sprints intermédiaires que j’ai pu acquérir notamment grâce à mes deux échappées, mais que j’ai du aussi défendre sur les trois dernières étapes. Cela avait une saveur particulière dans la mesure où ça m’a permis de monter sur le podium tous les jours et, même si ce n’est qu’un classement annexe, ce sont toujours des bons moments de passés. Cela a, je pense aussi fait plaisir à l’encadrement et à l’équipe, qui m’a aussi beaucoup aidé à remporter ce trophée.
« FINIR L’ÉTAPE COMME JE POUVAIS »
Le weekend dernier, j’ai participé aux Trois jours de Vaucluse. C’était une course difficile où ça roulait toujours fort, avec des étapes longues et à fort dénivelé. Etant donné que nous n’étions pas représentés dans les échappées sur les deux premiers jours, notre directeur sportif nous a demandé de l’être sur la 3e étape le dimanche. Après une première tentative qui n’a pas abouti où nous étions représenté par un coureur, Eriz Ruiz de Erentxun, j’ai eu la chance de pouvoir prendre part à la seconde échappée qui s’est révélée être l’échappée du jour. Elle s’est dessinée au bout de 30 kilomètres avec notamment Miguel Minguez un de mes coéquipiers qui nous a rejoints avec d’autres coureurs dans les principales difficultés de la journée. Nous étions alors environ une douzaine de coureurs en tête. J'avais ce jour là de bonnes sensations mais j’ai ensuite connu un peu moins de réussite puisque j’ai crevé alors que nous étions 8 échappés à 30 km de l’arrivée. J’ai donc disparu du groupe et je me suis fait rejoindre par le peloton dans la dernière difficulté du jour. J’ai par la suite fini l’étape comme je le pouvais et les derniers coureurs en tête, dont mon coéquipier, ont étés repris à environ 10 km de l’arrivée. Il faut dire que l’équipe Agritubel a parfaitement cadenassée la course nous laissant au maximum 2min 40 d’avance. Je ne sais pas si certains coureurs de l’échappée m’ont pris moi aussi pour un espagnol étant donné que je suis le seul étranger de l’équipe, mais ce qui est sur c’est que d’autres savaient que j’étais français dans la mesure où nous avons quelque peu communiqué. L’étape a donc aboutie à un sprint massif et un des coureurs de l’équipe Benat Urain termine 3e, ce qui est une bonne chose car cela montre que nous avons un coureur rapide dans l’équipe.
« J’AURAI AIMÉ RESTER DEVANT »
Le fait de se faire sortir de la tête de course sur une crevaison est assez frustrant, d’autant plus que j’étais dans l’échappée depuis le début. Même si je savais que l’échappée n’avait pas beaucoup de chances d’aller au bout, j’aurai bien aimé rester devant. J’ai essayé de réintégrer le groupe après ma crevaison, j’ai fait beaucoup d’effort sur le plat, ça m’a un peu réussi, j’avais repris du temps mais j’ai fourni trop d’efforts. Du coup, dans le col, le peloton est rentré sur moi et c’était au moment où les attaques fusaient. J’ai été distancé, et j’ai vraiment fini l’étape tout seul, comme j’ai pu.
UN MOIS POUR RÉCUPÉRER
Dans l’équipe, l’important est surtout d’être le plus compétitif possible sur chaque course à laquelle on participe et garder toujours la même motivation afin de courir de la meilleure façon qu’on puisse et de respecter le travail que l’on a réalisé. Pour l’ instant je n’en sais pas beaucoup plus sur le programme de course à long terme. Je connais juste les deux prochaines épreuves que je vais disputer qui seront normalement la classique Miguel Indurain et le Tour Loir et Cher en France. Je ne vais donc pas courir durant un mois, je vais dans un premier temps récupérer des premiers efforts de la saison puis je concentrerais mon travail sur l’entrainement afin de préparer les prochaines échéances. »
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Lire le précédent carnet :
05/02/2009 - « Laisser les complexes à la maison »
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Crédit photo : Régis Garnier - www.velofotopro.com