
Après deux années et demie délicates, Julien Loubet enchaîne les bons résultats depuis la Route du Sud. Le coureur d’AG2R-La Mondiale n’a jamais douté des ses capacités. Avant de partir sur le Tour d’Espagne, où il espère franchir le cap des trois semaines de course, il s’est entretenu avec Cyclismag.
Propos recueillis par Nicolas Gachet
Cyclismag : Avec quel objectif te rends-tu sur le Tour d’Espagne ?
Julien Loubet : Je pars dans l’inconnu. On verra comment je récupère. Cette Vuelta est mon premier Grand Tour. J’avais participé l’an dernier au Giro mais j’avais abandonné après une semaine de course. Je pense au Tour d’Espagne depuis le début de saison. J’avais à cœur de faire la Vuelta plutôt que le Giro. La Vuelta me correspond mieux. Je suis en confiance actuellement. Mais je ne pars pas pour viser une place au classement général. Je vais prendre la course au jour le jour, et avec l’objectif de remporter une victoire d’étape.
« JE RÉCOLTE LES FRUITS DE MON TRAVAIL »
Depuis deux mois, tu enchaînes les bons résultats.
A la Route du Sud puis aux Championnats de France, j’avais de supers jambes. Je récolte les fruits de mon travail réalisé depuis deux ans. Depuis que je suis passé pro, j’ai beaucoup roulé sans obtenir de résultat. J’ai fait un gros travail de foncier. Maintenant, j’ai eu une grosse confiance en course. J’ai pris de l’assurance.
Est-ce que tu te surprends ?
Je savais que les premières années allaient être difficiles. Je m’attendais quand même à commencer à marcher cette année, à faire des résultats. Je marche généralement à partir de juin quand arrivent les grosses chaleurs. J’ai été surpris tout de même de faire troisième des championnats de France.
As-tu douté à un moment de tes capacités ?
La première année a été très difficile, la deuxième un peu également. On se demande si on va y arriver. Il y a eu des moments de doute comme chez tous les sportifs. Il faut en passer par là. Il y a des passages difficiles mais j’ai toujours cru en moi.
« VINCENT LAVENU NE M’A JAMAIS MIS LA PRESSION »
Tu es passé pro à 20 ans, n’était-ce pas précipité ?
J’ai fait une année et demie chez les amateurs. C’était peut-être tôt pour passer pro. En espoirs, je marchais assez fort avec peu de kilomètres au compteur [Il a été champion de France espoirs en 2004]. Je faisais alors du vélo loisir. Je manquais de kilomètres. Si j’étais resté amateur, j’aurais du faire plus de kilomètres. J’aurais mieux marché, j’aurais fait des résultats mais j’ai beaucoup appris lors de mes deux premières années pros. J’ai réalisé un gros travail à l’entraînement.
As-tu ressenti de la pression de la part de tes dirigeants ?
Vincent Lavenu est super pour cela. Il m’a toujours soutenu. Il me disait : « Tu verras dans un ou deux ans, ça va aller. Tu vas y arriver. Tu as les capacités. C’est juste des passages délicats à passer. J’ai confiance en toi. » Il ne m’a jamais mis la pression. Cela m’a permis de ne jamais douter.
Depuis le mois de juin, ton statut a-t-il évolué dans l’équipe ?
Je pense, oui. J’ai montré de quoi j’étais capable. J’ai acquis une certaine régularité sur les courses par étapes, comme au Tour de Burgos où j’étais le leader. Après sur le Tour du Limousin, c’était au niveau du classement très serré mais je suis encore placé. Cette régularité, je ne l’avais pas forcément avant.
Peux-tu aujourd’hui prétendre tenir un rôle de leader sur des grandes épreuves ?
Je ne sais pas. Tout dépend de l’équipe alignée au départ. Si on retrouve des coureurs comme Cyril Dessel et Stéphane Goubert, les autres coureurs travailleront pour eux. J’ai encore beaucoup à apprendre à leur côté. Et travailler pour eux fait toujours plaisir.
« FAIRE LE TOUR L’AN PROCHAIN »
Qu’est ce que tu as encore à apprendre ?
Je dois encore travailler sur la régularité. Je l’ai acquise que depuis deux mois. J’arrive maintenant à être présent sur une semaine de course. Maintenant, il va falloir terminer une course de trois semaines. J’espère sortir plus fort de la Vuelta. Il me manque un Grand Tour dans les jambes. J’espère passer le cap afin d’espérer une sélection pour le prochain Tour de France. Je suis de la génération Di Grégorio, Delage... Ils ont déjà fait le Tour, moi je n’y suis encore jamais allé. Cette année, j’ai commencé à avoir envie. L’an prochain, je viserai une sélection.
On t’en demandera sans doute encore plus l’an prochain.
Au vu de mes résultats depuis le mois de juin, j’aurais une pression supplémentaire de la part de l’équipe. J’en serai à ma quatrième année pro. Je me fais plaisir sur le vélo mais je souhaite aussi faire des résultats.
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Photo : Julien Loubet veut confirmer ses progrès sur la Vuelta
Crédit : Freddy Guérin - www.photos-finish.com