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    Pékin-Roubaix passe la muraille

    Posté le Vendredi 08 août 2008 @ 20:00:00

    L'hiver dernier, Cyclismag a imaginé le cyclisme en 2027. C'est donc une histoire fictive que nous vous proposons. Parmi les articles, les préparatifs de la première édition d'une nouvelle classique, courue en Chine, sur les ruines de la vieille Europe. Exit Paris-Roubaix, bonjour Pékin-Roubaix : Révolutionnaire !




    Par Dominique Turgis


    La délocalisation de Paris-Roubaix du nord de la France vers la Chine est la fin d'un processus déclenché il y a 14 ans, en 2013. A cette époque, le groupe La Redoute achète l'organisation de Paris-Roubaix. L'an dernier, un géant chinois du textile rachète La Redoute et délocalise tout en Chine, y compris l'envoi des catalogues et, donc, la vieille classique Paris-Roubaix.
    Seul le vélodrome, qui faisait aussi partie du panier La Redoute, reste sur place mais sa démolition est déjà programmée pour juillet. Un programme immobilier poussera sur ses cendres.

    LE TRAVAIL DOMINICAL TUE LA PASCALE

    La translation de la « Pascale » vers la Chine est le dernier coup fatal porté à cette classique mais pas le premier.
    Déjà, après 2010, le public avait déserté les bords de route. La faute au travail du dimanche. Présentée au départ comme une mesure basée sur le volontariat pour « gagner plus », le travail du dimanche est devenu obligatoire de fait dans le privé, sous peine de licenciement. En 2015, par souci d'équité, le travail du dimanche a été instauré dans l'administration.
    A part les chômeurs et les employés de La Redoute – qui donne leur dimanche à ses employés - il n'y a donc plus grand monde de disponible pour venir applaudir au bord de la route. Les autres sports ont réagi en programmant les compétitions en soirée, dans des stades éclairés. Chose impossible pour le cyclisme sur route.
    Ce travail du dimanche a aussi livré à eux-mêmes les enfants dont les parents travaillent. En 2012, plusieurs bandes de ces « orphelins du dimanche », lassés de regarder Michel Drucker à la télévision, s'amusent à déchausser les pavés de plusieurs secteurs pour les balancer sur les voitures suiveuses et les coureurs. Après cette sombre journée, A.S.O. se débarrasse de L'Enfer du Nord et le vend au groupe La Redoute.

    SOUS L'ETOUFFOIR DE LA CULTURE

    Deuxième coup de griffe, la construction de lignes de chemin de fer pour le frêt, pour suivre les recommandations environnementales. Ces lignes ont coupé plusieurs secteurs pavés. Les nouveaux organisateurs ont été obligés de dessiner une course en circuit pour emprunter plusieurs fois les mêmes secteurs préservés.
    Pour conserver le caractère pavé de la course et toucher quelques subventions publiques au passage, le groupe La Redoute a fait classer Paris-Roubaix aux monuments historiques, par le ministère de la Culture, du Patrimoine et de la Repentance éternelle.
    En contrepartie, les architectes des bâtiments de France ont imposé leur grain de sel. Les voitures suiveuses devaient être de couleur suie pour rappeler les mines du Nord. Les architectes se sont aussi intéressés aussi à la forme des cadres, à la couleur des maillots qui devait être la même pour tout le monde dans un souci d'harmonie. La forme du casque des coureurs devait s'apparenter à celle des casques des mineurs avec une petite lampe frontale.
    Devant toutes ces contraintes, les coureurs, après le public, ont déserté la course.
    Le rachat et la délocalisation totale de La Redoute et de Paris Roubaix va, alors, peut être sauver la course. D'autant plus que les coureurs chinois ont déjà vaincu trois fois l'Enfer du Nord sur le sol français.

    CHEMINS TORTUEUX

    Les Chinois ont mis les petits pavés dans les grands. La course rebaptisée « Pékin-Roubaix » comptera dimanche, 85 kilomètres de pavés sur les 250 de la course. Les Chinois ont aussi reconstruit un vélodrome en ciment de 499,75m, comme celui de Roubaix. Pour ces travaux de Titan, ils ont dû faire venir des travailleurs d'Afrique car maintenant, même les paysans chinois exigent des conditions de travail décentes.
    Pendant les travaux, quand les pavés manquaient, les sept équipes professionnelles chinoises donnaient les carapaces des tortues dont ils utilisent le sang pour se régénérer. Le profil de ces carapaces risque d'être glissant en cas de pluie. Les reconnaissances de vendredi ont aussi montré le risque de crevaisons. La faute aux seringues restées plantées dans les tortues. Les coureurs français qui ont fait le voyage ont vite appelé ces passages, « les secteurs tortueux »

    RECO SUPER STARS

    Les reconnaissances, voilà une nouveauté. Les nouveaux organisateurs ont pensé « Tout télé ». Comme les essais de Formule 1, les reconnaissances des pavés sont mises en scène, cette année. Elles n'ont lieu que sur une journée, le vendredi donc. Elles sont obligatoires et les coureurs doivent répondre aux questions des journalistes, sur le vélo, entre deux secteurs. A la fin de ces « reco », on a pu s'apercevoir que, grâce à la pollution, les coureurs auront le visage recouvert de poussières noires, comme au bon vieux temps de Paris-Roubaix.
    En attendant dimanche, un homme se frotte les mains : Le fils d'Hein Verbruggen, l'ancien président de l'UCI. Devenu homme d'affaire en Chine après les Jeux Olympiques de 2008, c'est lui qui a insisté auprès de son conseil d'administration pour racheter le groupe La Redoute pour pouvoir organiser Pékin-Roubaix et vendre des droits télévisés conséquents.


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    Photo : Nicolas Portal ne devrait jamais courir Pékin-Roubaix
    Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com


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