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    Sylvain Calzati : « AG2R m’a isolé »

    Posté le Vendredi 11 juillet 2008 @ 21:53:45

    Sylvain Calzati a signé jeudi un contrat d’un an avec l’équipe Agritubel. Le coureur d’AG2R-La Mondiale revient pour Cyclismag sur les raisons qui l’ont poussé à quitter la formation de Vincent Lavenu, avec qui "le divorce est consommé". Entretien.





    Propos recueillis par Nicolas Gachet

    Cyclismag : Pourquoi as-tu décidé de rejoindre l’équipe Agritubel ?
    Sylvain Calzati : Tout d’abord, j’avais besoin de changer après la moitié de saison que je viens de passer. Je n’avais plus la confiance de mes directeurs sportifs, et eux n’avaient plus la mienne. Il était donc logique que je parte sous d’autres cieux pour avoir une nouvelle motivation et pour briller à nouveau sur les courses importantes du calendrier.

    « ON M'A REPROCHÉ DE NE PAS MARCHER »

    Que s’est-il vraiment passé avec tes dirigeants ?
    J’ai été en quelque sorte un peu mis de côté, on m’a isolé. On m'a reproché de ne pas marcher en début de saison. J’avais été blessé déjà personnellement car j’avais misé beaucoup sur le début d’année, et je me suis loupé. J’ai eu l’impression qu’on m’en a tenu énormément rigueur. A partir de là, il y a eu une spirale infernale. J’ai été écarté de la sélection pour le Giro. Donc, je ne pouvais pas démontrer que je méritais ma place sur le Tour de France. Il fallait donc changer d’équipe.

    Qu’est ce que tes dirigeants n'appréciaient pas en toi exactement ?
    De ne pas marcher, mais je n’étais pas seul dans ce cas. Rinaldo Nocentini, à ce moment-là, sauvait l’équipe. Tout le monde était dans le même bateau mais j’ai une grande gueule. A un moment, je l’ai ouvert et je n’aurais peut-être pas dû. Comme on dit, le premier à parler est le premier descendu. J’ai une super motivation pour l’an prochain dans une équipe Agritubel plus humaine, plus familiale. Les dirigeants m’ont donné leur confiance. J’accorde beaucoup d’importance à cela. Je marche beaucoup à la confiance. Je veux prouver que j’ai toujours ma place dans le peloton français.

    Quand as-tu senti que tu n’avais plus la confiance de Vincent Lavenu ?
    Je l’ai compris très tôt, à l’issue de Paris-Nice. Des reproches m’ont été faits j’en ai pris acte. Je n’étais pas d’accord sur tout mais il faut l’accepter, ce sont mes patrons. Cette année, je n’ai pas pu m’exprimer. Je ne leur mets pas tout sur le dos non plus. C’est du 50-50 au niveau des responsabilités. Je n’en veux à personne. Des choix ont été faits, et je les accepte.

    « J’AI PÉTÉ LES PLOMBS FIN FÉVRIER »

    Cet hiver, tu avais annoncé des objectifs très élevés pour cette saison…
    Ça a été une erreur d’annoncer la couleur. J’avais fait le métier cet hiver, j’avais beaucoup roulé, puis j’ai pété les plombs fin février. J’ai senti que je n’allais pas être dans l’allure sur Paris-Nice. J’ai refait surface en avril sur le Tour du Trentin. Et là, on m’a dit que ma sélection pour le Giro n’était pas acquise. J’ai pété les plombs, et j’ai dit de mettre dans l'équipe les coureurs motivés pour y aller. A partir du moment où on pose des questions sur moi… J'aurais préféré qu’on me dise qu’on ne voulait pas de moi au Giro. Je n’aurais pas visé le classement général, mais le Giro m’aurait permis de retrouver la condition comme ce fut le cas en 2006. C’était encore jouable.

    Ne déranges-tu pas dans ce milieu avec ton tempérament ?
    Avoir une grande gueule a toujours été mal vu. On doit toujours courber l’échine. Dans le peloton, il n’y a jamais vraiment de solidarité entre les coureurs. Beaucoup de coureurs pensent de bonnes choses, mais ne le disent pas par peur des représailles. On se plie à tous les nouveaux règlements sans vraiment avoir notre mot à dire. On me reproche souvent de parler. Ça fait partie de mon tempérament. Je préfère dire à quelqu’un "Merde" au lieu de dire "Je t’aime" et de dire par-derrière « T’es un gros con ». Ça ne plait pas à tout le monde, même à peu de monde. Dans le vélo, on peut dire qu’on n’a pas d’ami. C’est un milieu fourbe et superficiel. Ce n’est pas évident de créer des bases solides avec beaucoup de monde. Mais voilà, c’est pareil dans tous les métiers… Ce n'est pas dans le vélo qu'on se fait de vrais amis.

    « AG2R ÉTAIT DEVENU UNE IMPASSE »

    Aurais-tu pu prolonger avec AG2R-La Mondiale ?
    Non, pas du tout. A partir du moment où on me fait des reproches qui sont sur certains points incohérents, nous sommes dans une impasse. Mon tort a été d’avoir eu un moment de déprime avant Paris-Nice et de l’avoir dit ouvertement. J’en paie les conséquences aujourd’hui. Ça fait parti du métier de coureur. C’est un beau métier mais j’ai traversé une période où je me suis posé des questions.

    Comme le fait au printemps de continuer ou non ta carrière…
    Je suis un sanguin. Quand je réagis à chaud, j’ai toujours des pensées négatives. Avec mon tempérament, soit tout est en haut, soit tout est en bas. J’ai mangé mon pain noir et je suis motivé pour la fin de saison, car arrêter là ne me permettrait pas de repartir sur des bonnes bases l’an prochain. Je veux remercier sur le vélo Agritubel de m’avoir offert un contrat.

    Aujourd’hui, quels sont tes rapports avec Vincent Lavenu ?
    Les rapports ont toujours été tendus. Parfois, ça pétait, c’est clair. Nous avons tous les deux des tempéraments forts, mais c’est de bonne guerre. Puis nos rapports se sont détériorés cette année. Comme j’ai lu sur certains sites internet aujourd’hui, le divorce était consommé.

    « SI JE NE MARCHE PAS L’AN PROCHAIN, J’ARRÊTE LE VÉLO »

    Comment imagines-tu la fin de saison sous les couleurs d’AG2R ?
    Je ne sais pas où je vais courir. Il est difficile de se projeter. Je ne demande pas de courir des courses ProTour, mais qu’on me fasse courir des courses intéressantes. J’ai envie de courir jusqu’à la fin de saison. Je ne peux pas me permettre d’arrêter la saison maintenant.

    Pourquoi avoir signé simplement qu’un an avec Agritubel ?
    J’ai signé un an car je ne voulais pas être malhonnête avec Agritubel après avoir laissé entendre au printemps que je pouvais arrêter ma carrière. Je ne voulais pas les prendre pour des imbéciles. Je leur ai dit que je voulais signer une saison. Si je ne marche pas l’an prochain, il est clair que j’arrêterai le vélo. Je n’ai pas envie de faire du vélo pour faire la parade, car ce genre de chose m’énerve déjà suffisamment comme ça. Ce n’est pas gratifiant. Le vélo est déjà assez difficile pour subir les courses.

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    Photo : Sylvain Calzati est route pour Agritubel
    Crédit : Régis Garnier - www.velofotopro.com




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