
Samedi soir, Mickaël Buffaz est devenu champion de France de demi-fond dans le sillage la moto de Marc Pacheco. La tactique de l'entraîneur du coureur de Cofidis a été primordiale dans la conquête du maillot tricolore. Mickaël Buffaz a raconté son championnat à Cyclismag.
Par Dominique Turgis
Un tour et demi coude-à-coude à plus de 70 km/h, dans la pétarade du moteur des motos, sous les encouragements du public conquis, Mickaël Buffaz à l'extérieur, David Derepas à l'intérieur pris au piège des turbulences de la moto de Marc Pacheco, l'entraîneur de Buffaz. C'est le tournant du championnat de France de demi-fond, disputé samedi au vélodrome qui permet au coureur de Cofidis d'endosser sa première tunique tricolore.
Pourtant, la préparation fut des plus allégées : « Avec Marc, nous avons tourné dix minutes le mercredi d'avant sur le vélodrome de la Tête d'Or à Lyon. Nous devions laisser la place à des jeunes ensuite. Ces dix minutes, ce n'était même pas pour reprendre l'habitude du rouleau mais pour régler la position après un changement de vélo. »
Mickaël Buffaz est sorti en bonne forme du Giro. « Mieux que l'an dernier. En plus, là-bas, je commence à être connu. Ils m'encouragent par mon nom. C'est magique ! » Une fin de Giro ternie toutefois par la perte de la 1ère place au classement des Fuga, des échappées : « J'ai été volé. Quand je sorts au km 0, ils ne commencent à compter qu'à partir du km 5. Suffisant pour perdre le classement » regrette Mickaël Buffaz.
TROP BIEN EN SÉRIE
Mais revenons sur le vélodrome Henri Desgrange de la Roche/ Yon. « Un beau vélodrome goudronné. Il rend bien et ne saute pas. » La série de qualification se passe très bien, « trop bien, même ! J'avais de super jambes, je me suis baladé. J'ai fait les derniers tours à 85 km/h même si cela ne servait à rien. Je voulais surtout réaliser le meilleur temps des deux séries pour partir en tête dans la finale. » Mais après un tel effort, il faut récupérer. « Deux heures, entre la série et la finale, c'était un peu juste pour moi. »
A l'heure de la finale, Mickaël Buffaz, deuxième l'an dernier à Rennes, a le moral. Il part en tête, lance son 68x15 et... se fait doubler au bout de 100 m par David Derepas, le tenant du titre. La déception passée, Marc Pacheco, l'entraîneur sur la moto, se rapproche du duo Bernard Filiatre – David Derepas. Une attaque qui se heurte aux turbulences générées par la moto de l'entraîneur du champion sortant. « Au moment de passer sur le côté, c'est là que tu prends le plus de remous. David a une meilleure technique que moi en plus. Je n'ai pas pu tenir le rythme et j'ai décollé du rouleau. »
LE SECOND SOUFFLE
Dix tours plus tard, nouvelle tentative, nouvel échec. Ce coup-là, Mickaël Buffaz perd un demi-tour alors que la mi-course est passée. Moral en berne. « Je me suit dit ''c'est fini''. Finalement, j'ai réussi à me remotiver. » Le début de course a été infernal à 75-80 km/h, le coeur est au-dessus du maximum, le coureur Cofidis a besoin de souffler. Il n'est pas le seul, David Derepas ralentit lui aussi.
« J'ai retrouvé mon second souffle. J'ai dit à Marc (Pacheco) que j'étais bien revenu. » Il reste 30 tours. L'attelage lyonnais va monter à l'assaut, le maillot sera au bout.
A cet instant, David Derepas doit doubler un groupe de quatre coureurs. « Quand je l'ai vu doubler le premier, j'ai vu qu'il était moins fort. Il a dû monter pour doubler le deuxième et le troisième du groupe. » Le piège tendu par Marc Pacheco va se refermer au moment de doubler le quatrième coureur.
COUDE À COUDE À 70 KM/H
« Marc m'a monté à la hauteur de David Derepas, nous étions trois coureurs de front. Il faut savoir que quand deux motos sont côte-à-côte, les turbulences s'additionnent et handicapent le coureur le plus bas ce qui était le cas de David Derepas. » Un mano-a-mano s'en suit entre les deux entraîneurs. Filiatre cherche à résister puis à ralentir mais Pacheco l'a « ferré » et il ne serrera la vis que quand il sera sûr que David Derepas est mûr. « Un tour et demi à 70 km/h, côte à côte avec un autre coureur, c'est impressionnant ! » s'étonne encore Mickaël Buffaz.
Le maillot de champion de France est au bout. « Je ne mettrai pas pour autant des liserés tricolores sur mon maillot de routier. Je ne veux pas tricher de ce côté-là. Pour moi, il faut avoir été champion de France sur route pour porter ces parements. »
Par contre, le nouveau champion de France de demi-fond ne sait pas encore s'il portera son maillot à l'occasion de réunions sur piste : « Je serais tenté de passer à autre chose mais si Marc me demande d'aller faire une course de demi-fond, je ne pourrai pas lui dire Non. »
Un stayer et son entraîneur, c'est presque un couple.
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Photo : L'an dernier, Mickaël Buffaz et Marc Pacheco s'étaient classés deuxièmes.
Crédit : - www.cyclismag.com