
Nicolas Bazin a disputé sa première course sur route chez les pros, ce samedi à l'occasion du GP de Plumelec. Mais le coureur de Differdange Apiflo reste toujours concentré sur le cyclo-cross dont il fait l'objectif principal de son calendrier.
Par Dominique Turgis (à Plumelec)
Nicolas Bazin avait déjà endossé le maillot bleu et blanc, vite recouvert de boue, au championnat de France de cyclo-cross à Pontchâteau. Il comptait bien enchaîner avec la saison sur route avec l'équipe luxembourgeoise. Une affiliation qui va lui causer une désillusion. Trop de Français dans cette équipe grand-ducale. Exit Bazin qui reçoit tout de même l'assurance de l'équipe d'être repris l'an prochain.
Quatre mois plus tard, le voilà donc au départ du GP de Plumelec, au milieu des autres professionnels français, de nouveau sous le maillot bleu et blanc, irradié de soleil breton, cette fois. Ce retour est dû au retrait de Nicolas Inaudi de l'équipe. Les patrons ont respecté leur parole, ils appellent Nicolas Bazin : « C'était fin avril. Ils voulaient que je fasse le Trophée des grimpeurs, tout de suite. Mais j'étais déjà engagé dans la manche espagnole de la coupe du monde de VTT. »
LES TRICHEURS DU VTT
En effet, après s'être retrouvé le bec dans l'eau, Nicolas Bazin n'est pas resté inactif. Il est retourné voir Michel Hutsebault, le dirigeant de l'équipe de VTT BH Suntour. « Cela m'a permis d'effectuer un gros début de saison en VTT entre la coupe de France, des manches de la coupe d'Espagne et les trois premières manches de coupes du monde. » La première manche de la coupe du monde à Houffalize est le théâtre d'un drôle de manège qui n'a qu'un lointain rapport avec l'idée qu'on se fait d'un sport. « Des gars, notamment les Hollandais, ont coupé les rubalises pour couper à travers le circuit et remonter des places » se souvient Nicolas Bazin. Sur un peloton de 300 coureurs, c'est beaucoup plus facile pour remonter des places ! Pour la troisième manche à Madrid, l'UCI a pris les devants. Vidéo-surveillance et commissaires aux endroits stratégiques ont eu pour effet « de faire reculer les Hollandais. »
LES DIFFÉRENCES ENTRE LA ROUTE ET LE VTT
Nicolas Bazin a profité du mois de mai pour essayer d'attraper le coup de pédale du routier. « En VTT, on pousse plus sur les pédales. C'est une question de puissance instantanée pour passer les petits coups-de-cul. Sur route, on remonte aussi la pédale. Ce ne sont pas les mêmes muscles qui travaillent. »
Autre différence, le peloton. « Avec les guidons larges des VTT qui écartent les bras, c'est plus dangereux de frotter. » Comme les distances ne sont plus les mêmes, il a rallongé les sorties. « Pour travailler la distance, j'ai disputé des cyclo-sportives. J'ai aussi modifié le fractionné. » Alors pour lui, après ce travail, la course de Plumelec « représente un peu le verdict. » Nicolas Bazin n'a pas terminé le GP de Plumelec mais il s'est retrouvé avec d'autres, dans un groupe d'attardés.
ENGAGÉ COMME CYCLO-CROSSMAN
Pour son baptême, Nicolas Bazin va disputer trois jours de courses d'affilée : Plumelec, Châteaulin et un critérium à Hénin-Beaumont.
Mais il ne perd pas de vue que son objectif majeur de la saison, c'est le cyclo-cross. « D'ailleurs, vis-à-vis de l'UCI, je suis engagé comme cyclo-crossman. »
Autre particularité, son statut de coureur. Dans son équipe continentale, en dehors de la France, les coureurs ne sont pas officiellement salariés mais simplement défrayés. « Je n'ai pas une licence pro à l'UCI » explique à Cyclismag le coureur d'Apiflo qui ne s'en formalise pas. Du moment qu'il peut courir avec les pros.
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Photo : Nicolas Bazin a découvert la cohue du départ des courses pro sur route
Crédit : - www.cyclismag.com