
Vendredi, Bjarne Riis a convoqué la presse pour avouer s'être dopé de 1993 à 1998. L'ancien porte parole du peloton n'a jamais été avare de déclarations. Retour sur une carrière de mensonge.
Florilège par Carine Cambou, Nicolas Gachet, Freddy Guerin et Dominique Turgis
Il y a ceux qui ne disent pas la vérité et ceux qui mentent et mentent encore.
BJARNE RIIS LE COUREUR
« Cette année, je gagne le Tour. Vous pouvez le noter et vous en souvenir. »
(Novembre 1995 / Conférence de presse)
« La différence entre aujourd'hui et 1993, c'est que maintenant j'ose être bon. Il y a quelques années, j'étais presque confus de terminer cinquième du Tour, je pensais que ce n'était pas moi. Maintenant je sens que j'ai quelque chose en moi et que je suis devenu assez bon pour oser. »
( décembre 1995 / Un journal danois)
« Je dis toujours ce que je pense. »
(juillet 1996 / L'Humanité)
A propos d' Indurain : « Je ne sais pas s'il dormait ou si la force lui manque. Il faut qu'il fasse attention ! »
(juillet 1996/ Libération)
« Je sens que je peux attaquer comme je veux, je vois qu'ils ont du mal à suivre. C'est une belle chose, ça. »
(juillet 1996 / Libération)
« Si j’en suis là, c’est grâce à mes directeurs sportifs, évidemment. Mais d’abord et avant tout grâce à Laurent Fignon. Il m’a tellement apporté ! Avec lui, j’ai compris les choses justes. Il m’a donné la force à un moment où je ne l’avais plus beaucoup. Je lui dois tout. »
(juillet 1996 / L'Humanité)
« Si je n'avais pas eu cette force en moi, j'aurais sincèrement aimé que Miguel gagne ce Tour. »
(18 juillet 1996 / Libération)
« Sur le papier, j'ai trente-trois ans. Mais mon corps a vingt-cinq ans. Je ne vois pas la différence entre maintenant et quand j'avais vingt-cinq ans. Physiquement, je suis fort »
(juillet 1997 / Le Monde)
« Il faut beaucoup de travail. Si tu veux battre les autres, il faut rouler plus vite qu'eux. Si tu veux gagner, il faut donner le maximum. Je donne tout ce que je peux, c'est tout. »
(juillet 1997 / Le Monde)
« Les autres coureurs savent que c'est moi qu'ils doivent battre. Ils ont peur de moi. »
(juillet 1997 / Le Monde)
« Pour tout le monde, j’étais un bon coureur qui pouvait faire des trucs." Après ? "J’étais devenu un leader, un mec capable de s’imposer sur le vélo et aussi à côté du vélo, capable de dire des trucs. Un crack quoi !" »
(14 juillet 1998 / L'Humanité)
« J’ai du panache, c’est ma façon de courir, d’être dans la vie. »
(14 juillet 1998 / L'Humanité)
Un compliment de Jean Marie Leblanc : « Nous voudrions de tout coeur remercier (...) celui qui fut un porte-parole raisonné, soucieux de la condition du métier de coureur cycliste et de l'avenir du cyclisme : Bjarne Riis »
(30 juillet 1998, 18ème étape, Radio-Tour)
« Si des policiers sont à notre hôtel ce soir, demain, plus de Tour, c’est sûr. »
(30 juillet 98, pendant le Tour / L'Humanité)
« Etre appelé Monsieur 60% ça me fait mal, mais qu’est ce que je peux y faire ? »
(avril 2006, L’Equipe)
BJARNE RIIS LE MANAGER
«Je dois vraiment tout savoir sur eux (mes coureurs).»
(2004 / fr.country.csc.com)
«Je suis témoin de ces problèmes de dopage dans le cyclisme depuis de nombreuses années maintenant. Je pense que tous ces scandales, et l’impact négatif qu’ils ont sur ce sport, viennent avant tout d’un très mauvais leadership.»
(2004 / fr.country.csc.com)
« Tout notre travail est fondé sur des valeurs, que personne d’autre n’a.»
(2004 / fr.country.csc.com)
« Cecchini, c’est le meilleur entraîneur au monde »
(7 juillet 2004 / L'Equipe)
« Que les gens se renseignent, qu’ils viennent voir le boulot qu’on abat »
(7 juillet 2004 / L'Equipe)
« Ce n'est jamais bon que de telles choses arrivent dans le cyclisme ou dans le sport. Il y a beaucoup de rumeurs. Il faut attendre et voir. »
(30 juin 2006 / Le Figaro)
« Je veux créer la meilleure équipe du monde avec ma philosophie et de manière propre »
(Avril 2006 / L’Equipe)
« Ce qui me vient à l’esprit, quand on parle du cyclisme français, c’est travailler plus. En début de saison, ils sont gros et mal sur leur vélo. Ils n’ont pas assez de kilomètres. »
(Avril 2005 / L’Equipe)
« Si un des mes coureurs triche et ne veut pas l’admettre, ça ne peut pas fonctionner »
(6 juillet 2005 / L’Equipe)
« Plus propre sera notre sport et plus forte sera mon équipe. »
(6 novembre 2006 / B.T.)
« Quoi qu'il arrive dans cette affaire, j'ai perdu. J'ai perdu ma crédibilité, j'ai été battu, j'ai risqué de perdre mon équipe et j'ai perdu le meilleur coureur cycliste du monde (Basso)»
(6 novembre 2006 / B.T.)
Le milieu du vélo a montré la porte de sortie à Christophe Bassons pour avoir trop parlé de dopage. Que va-t-il faire pour Bjarne Riis et d'autres ?
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Photo : Bjarne Riis, Monsieur 64 %
Crédit : Nicolas Gachet - Cyclismag.com