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    Une course par équipe

    Posté le Lundi 04 juillet 2005 @ 20:00:04

    Mardi aura lieu le traditionnel chrono par équipe du Tour de France, avec de nouveau la réforme qui avait fait couler beaucoup d'encre, bien que ce ne soit pas vraiment une innovation. Depuis plus de 50 ans, cette discipline a connu bien des formules.





    Par Antoine Riche, avec la collaboration de Dominique Turgis


    Bien des observateurs se sont étonnés l'année dernière lors de la mise en place des temps plafonnés. Cependant cette réforme n'en était pas vraiment une. En effet, jusqu'en 1985, la méthode était en vigueur et depuis un certain temps.
    L'an passé par exemple, cette limitation permit à toutes les équipes de réduire leur écart sur Lance Armstrong. On assistât cependant à quelques situations cocasses comme la mésaventure arrivée à Gilberto Simoni. L'ancien vainqueur du Giro accompagnait ses coéquipiers qui s'en allaient terminer 9e et ne perdre ainsi que 1'30" quand Simoni chuta. Le temps de repartir, il perdit 6" qui se convertirent en 1'12" (cette règle a été assouplie cette année, en effet, en cas de chute dans le dernier kilomètre, le coureur se verra attribuer le même temps que les coéquipiers avec lesquels il se trouvait). Dans le sens inverse, aucune équipe ne se comportât en "touriste" pour se préserver pour le lendemain et les écarts furent raisonnables.

    Une réforme qui n'en était pas une

    Les contre la montre tels que nous les connaissons aujourd'hui apparurent véritablement en 1978. Cette année là, l'épreuve faisait 153 kilomètres. Le temps effectué n'était pas pris en compte pour le classement général individuel, mais uniquement par celui par équipe. Pour donner de l'intérêt à l'épreuve, des bonifications conséquentes (2', 1'20", 1', 40" et 20") étaient offertes aux coureurs des cinq premières équipes qui terminaient dans le même temps que leur 5e équipier. Les tactiques d'équipes au départ sont assez différentes, comme le raconte Bernard Hinault : "Il est décidé que nous allons nous ménager. (…) Cette journée n'est pas prépondérante. Ce Tour comprend des journées beaucoup plus importantes consacrées à l'effort individuel. C'est la raison pour laquelle nous ne terminons qu'à la quatrième place -sans aller jusqu'à imiter l'équipe Peugeot qui, volontairement, lève le pied lorsque les coureurs se rendent compte que le jeu n'en vaut pas la chandelle". Les Peugeot ont en effet perdu 13', mais c'est quasiment deux fois moins que les Kas qui perdent plus de 24'. Mais ce ne seront que 2' de perdues sur les Ti Raleigh vainqueur de cette étape. Au final, le premier Raleigh (Wellens) terminera 6e et le premier Kas (Galdos) 7e à 2'30" du Belge. Le jeu n'en valait en effet pas la chandelle. Les C&A peuvent se montrer plus déçu puisqu'ils n'ont cédé que 7" aux vainqueurs néerlandais, mais au général, Bruyère (C&A) se retrouve 3e à 46" de Thaler (Ti Raleigh). De telles mésaventures arriveront encore dans les années suivantes.

    L'invincible Ti Raleigh

    Si il y a bien une équipe qui a marqué le Tour de France en général et le contre la montre par équipe, c'est bien la Ti Raleigh de Peter Post. Ils furent invaincus de 1978 à 1982, soit huit victoires consécutives, car de 1979 à 1981, il y avait deux contre la montre par équipe. En 1981, par exemple le deuxième contre la montre par équipe reliait Narbonne à Carcassonne. Les Ti Raleigh l'emportaient devant Peugeot. Les neuf premières équipes se tenaient en moins de 3 minutes, mais les écarts corrigés s'élevaient à 3'05". Par contre les Kelme avaient perdu près d'un quart d'heure, corrigés à 3'45". Il faut dire que l'année précédente, cette même équipe avait connu une drôle de mésaventure. Alors que la seconde étape contre la montre par équipe étaient programmé pour la 8e étape, les Espagnols n'étaient plus que 4, ce qui les écartaient du classement et donc des éventuelles bonifications. Ils finirent tout de même avant dernier, ce qui donne une idée de la motivation de certaines équipes.

    Difficile, même pour les plus grands

    De son côté Bernard Hinault connu des fortunes diverses lors de ces épreuves réputées pour être extrêmement exigeantes. En 1980, blessé au genou, il souffrit entre Fontenay et Beauvais : "Je n'ai jamais été si près de l'abandon. Tout au long des 65 km du parcours, je suis incapable de prendre le moindre relais. Je souffre atrocement du genou droit. Je ne peux pas me mettre en danseuse. Dans les côtes, mes équipiers ralentissent pour me permettre de rester avec eux. Ils évitent toute accélération, et lorsqu'ils vont trop vite, je suis obligé de leur crier de ralentir". Par contre, il faillit battre les Ti Raleigh en 1979 : "C'est la dernière étape contre la montre par équipes. Le parcours est moins roulant que celui des Landes. Il nous est plus favorable, ce qui nous permet de créer la surprise en enlevant la deuxième place, à six secondes seulement des Hollandais de Ti-Raleigh. Sans un bris de rayons de Becaas 7 km après le départ et une crevaison de le Guilloux à l'entrée du Havre, je suis persuadé que nous pouvions l'emporter". Il devra attendre 1985 pour remporter sa première étape par équipe.

    Une tactique approximative pour les premiers contre la montre par équipe

    La légende populaire veut que les premiers contre la montre par équipe aient été introduits en 1927, mais il s'agissait en fait de "départs séparés", la course d'équipe étant en effet très primaire et la victoire individuelle.
    Il fallut cependant un certain temps pour qu'une véritable course d'équipe se mette en place et que l'on assiste à des situations comme celle de l'an dernier où Tyler Hamilton demanda qu'on attende ses équipiers retardés. En 1954, lors du premier vrai contre la montre par équipe, le réglement n'encourage pas vraiment l'esprit d'équipe puisque le classement est établi sur les temps cumulés des trois meilleurs coureurs et chacun des membres de l'équipe se voit attribué au général son temps réel. Ainsi les vainqueurs suisses sont arrivés relativement groupés, Schär, Kubler et Koblet n'étant séparés que de sept secondes, mais le 4e de l'équipe est déjà à une minute. Cette technique semble la meilleure puisque les équipes qui se sont attendues sont assez loin. L'équipe Luxembourg-Mixte termine dernière à plus de quatre minutes, mais son meilleur représentant, Charly Gaul, ne perd que 47" sur le meilleur temps. Il a cependant laissé ses équipiers à près d'une minute.

    Une formule qui met du temps à se trouver

    En 1966, le classement ne sera comptabilisé que pour le classement par équipes. Ainsi les équipes des favoris comme Ford (Anquetil) ou Mercier (Poulidor) ne luttent pas vraiment pour la victoire et finissent assez loin. Les temps sont alors établis sur les cinq meilleurs coureurs.
    L'année suivante, la formule est identique et des bonifications sont accordée à chacun des coureurs des trois premières équipes, à conditions qu'ils aient terminé dans le même temps que leur premier équipier. Ces bonifications seront d'abord de 20 et 10 secondes pour les deux premières équipes, puis la troisième se verra attribuer 5 secondes également.
    En 1971, c'est une telle épreuve qui ouvre le Tour de France. Le maillot jaune est attribué au premier coureur de la première équipe, en l'occurrence Eddy Merckx.
    En 1976, enfin des pénalités sont infligées aux retardataires. Cette année là, les Ti Raleigh remportent leur première victoire pour leur premier Tour. Ils terminent à sept, alors que les deux suivants ont choisi de favoriser leur leader. Les Flandria du maillot jaune Maertens ont terminé à deux (Maertens et Van Springel) et les Peugeot du vainqueur sortant Thévenet à trois (Thévenet, Ovion et Danguillaume). Finalement un contre la montre par équipe se court vraiment par équipe.

    Sources : memoire-du-cyclisme.net et Hinault par Bernard Hinault
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    Photo : Les CSC avaient remporté le contre la contre par équipe du Tour méditerranéen en février dernier. Feront-ils aussi bien sur le Tour ?
    Crédit : Delphine Page - www.cycling-photos.net


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